MAGHREB
15/12/2015 11h:36 CET | Actualisé 06/05/2016 11h:47 CET

Tunisie: Une initiative de l'Association de Sauvegarde de la Médina au secours de la "Belgha"

Leila Tekaia Zafra/page Facebook

L'association de sauvegarde de la médina (ASM) se bat pour de faire connaître le projet de sauvetage du secteur de la Belgha (les babouches à la sauce tunisienne), soutenu par l'ambassade suisse à Tunis.

La Belgha est une chaussure traditionnelle exclusivement en cuir, elle est portée aussi bien par les femmes que par les hommes.

Contactée par HuffPost Tunisie, Leila Ben Gacem, explique l'importance de cette initiative en Tunisie.

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HuffPost Tunsie: Quelle est l'origine de cette initiative?

Leila Ben Gacem: On a fait une enquête l'année dernière sur les métiers d’artisanat au sein de la médina. Le résultat était accablant pour le secteur de la Belgha, Dans le souk dédié à cet artisanat, 80 boutiques ont été abandonnées, 30 sont fermées. 12 seulement continuent cette activité mais en vendant des articles "made in China".

Un constat alarmant. Avec le soutien de l'ambassade de Suisse, nous avons essayé en 7 mois de contrecarrer cette tendance en formant des jeunes artisans à la création traditionnelle de la Belgha.

Comment vous avez procédé?

On a fait appel à l'un des derniers maîtres artisans en la matière, Taeib Fitouri. Celui-ci a pris en charge la formation de quelques jeunes artisans. Au départ, on a du faire face à énormément de réticences de la part de ces jeunes habitués à faire coller le cuire avec de la colle forte au lieu de le coudre selon ll méthode artisanale de Taieb Fitouri. Ils n'acceptaient pas cette innovations parce qu'ils considéraient cela comme une perte de temps. En effet, l’utilisation de la colle leur permettait de confectionner 12 perles par jour or la méthode traditionnelle leur permet de faire 12 perles par semaine. L'enjeu était entre le choix de la facilité et de la quantité ou de l'authenticité et de la qualité.

On a sollicité ainsi des jeunes designers pour revisiter notre Belgha traditionnelle, la mettre au goût du jour. C'était aussi difficile car les artisans n'admettaient pas que ces designers puissent leur montrer quoi faire ou leur proposer des créations qu'ils considéraient comme une dénaturation de la Belgha traditionnelle. Ces susceptibilités ont été dépassées avec le temps.

Quelles sont les débouchés de ce projet?

On était surpris par l'engouement médiatique autour de ce projet mais aussi l'enthousiasme des Tunisiens. Les artisans ont reçu beaucoup de commandes depuis. C'est une preuve de plus que ce secteur présente un potentiel socio-économique important.

Galerie photo Belgha d'hier et d'aujourd'hui Voyez les images

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