12/12/2015 07h:22 CET | Actualisé 14/12/2015 06h:09 CET

"Casablanca Arbitration Days": Coup d'envoi de la grand-messe des experts de l'arbitrage (VIDÉO)

FINANCE - C’est au coeur de la ville blanche que s’est ouvert la seconde édition des "Casablanca Arbitration Days" vendredi 11 décembre, et ce pour deux jours. Organisée sous les auspices de Casablanca Finance City Authority (CFCA) et par le Casablanca International Mediation & Arbitration Centre (CIMAC), le véritable fil rouge de cette seconde édition s’est porté sur l’arbitrage africain. Un coup de projecteur qui vise surtout à acter la volonté des autorités et du monde du business casablancais de promouvoir la place de Casablanca en un lieu privilégié de l’arbitrage continental et régional.

"Dans le business, les différends peuvent exister, c’est un fait. Il faut que ces différends trouvent une enceinte adaptée pour qu'ils puissent être réglés. Et nous souhaitons que les litiges qui peuvent surgir dans le milieu des affaires africains soient réglés sur le continent, et notamment à Casablanca", a déclaré a cet effet Said Ibrahim, PDG de Casablanca Finance City Authority lors de son discours d’ouverture.

Cette édition notamment soutenue par l’International Bar Association (IBA), a réuni de nombreux experts et juristes mondialement reconnus. L’occasion également de manifester une véritable volonté politique.

"Cet arbitrage jusqu’à présent existait dans les contrats internationaux qui lient les opérateurs marocains avec des opérateurs marocains ou internationaux et très souvent dans nos contrats on retrouve la CCIP, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris, par exemple, ou d’autres à Londres ou ailleurs. Désormais nous serons heureux de retrouver dans nos contrats un arbitrage à Casablanca avec le hub qui est en train d’être installé", s’est réjoui le ministre de l'Industrie, du Commerce et de l'Économie numérique, Moulay Hafid Elalamy, présent pour l’occasion. "Le Maroc est un hub sur énormément de sujets, et un des hubs potentiels pour le continent africain. Aujourd’hui ce qui est important c’est de positionner aussi l’arbitrage comme une mission qui sera réservée au Maroc", a t-il ajouté.

A la lumière de ces enjeux, la mise en place d’un centre régional effectif à même de conquérir sa place parmi les grandes places de l'arbitrage international semble incontournable. "Nous avons besoin pour accompagner le Maroc en tant que hub d’un véritable centre de médiation et d’arbitrage sur le sol marocain pour accompagner les investisseurs et leur donner la possibilité de régler leurs différents dans des processus qui soient maîtrisés tant sur le plan des délais que sur le plan du coût", a tenu a rappeler Faïçal Mekouar, vice-président général de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc, CGEM.

Une initiative qui vise également à "sécuriser les conventions bilatérales d’investissement existantes" ainsi que les investissements privés, a précisé pour sa part Karim Hajji, Directeur Général de la Bourse de Casablanca. Tout dépendra cependant de la volonté et de la confiance des acteurs pour que Casablanca puisse imposer son nom sur un marché de l’arbitrage international en pleine croissance où la concurrence fait rage.

"En tant qu’investisseur financier dans l’infrastructure en Afrique nous pensons que c’est une très bonne idée. Il faudrait que ce soit efficace, rapide et pas cher, alors naturellement cela pourra parler à tous les investisseurs", estime Ohtmane Alaoui, Project Finance Director chez Brookstone Partners Africa, qui soulève également la question de la fiabilité des arbitres. "La confiance se bâtit lentement et se détruit très rapidement, donc il y aura forcément un travail de longue haleine pour faire que Casablanca soit aussi crédible que d’autres places comme aujourd’hui Genève, Paris ou Londres. Mais c’est un travail qui mérite d’être fait et qui, je pense, pourra répondre à un vrai besoin", conclut-il.

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