MAROC
12/12/2015 09h:56 CET | Actualisé 08/02/2016 08h:12 CET

Rajaâ Cherkaoui El Moursli remporte le trophée "Illi des Libertés 2015"

Rajaâ Cherkaoui El Moursli remporte le trophée "Illi des Libertés 2015"
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Rajaâ Cherkaoui El Moursli remporte le trophée "Illi des Libertés 2015"

RÉCOMPENSE - La lauréate du Trophée Illi des Libertés 2015 est désormais connue. Il s'agit de Rajaâ Cherkaoui El Moursli, élue à 42% des voix. Le nom de l'heureuse gagnante a été dévoilé vendredi 11 décembre à Casablanca par le magazine féminin qui récompense, pour la troisième année consécutive, une Marocaine au parcours exemplaire. Elle faisait partie des cinq finaliste encore en lice pour le prix après une première sélection de dix femmes.

"Rajaâ Cherkaoui El Moursli est chercheuse spécialiste en physique nucléaire, son activisme pour la visibilité des femmes dans le domaine des sciences ainsi que l’accès aux études scientifiques des jeunes filles est reconnu sur le plan national comme international", indique le magazine dans un communiqué.

Professeur et vice-présidente pour la recherche scientifique, la coopération et le partenariat à l’université Mohammed V de Rabat, Rajaâ Cherkaoui El Moursli a remporté le prix L’Oréal-Unesco pour sa contribution à l'une des grandes découvertes de la physique: la preuve de l’existence du boson de Higgs, la particule responsable de la masse des particules qui composent notre univers.

"Rien n'est impossible"

Surnommée la "militante de la recherche", elle consacre son temps et son énergie à améliorer le niveau de la recherche scientifique au Maroc ainsi qu’à sa vulgarisation, pour inciter les jeunes filles du rural à choisir une filière scientifique à travers la mise en oeuvre de clubs dans les lycées.

"Lorsqu’on a une prédisposition pour les sciences, il ne faut surtout pas se dire que ce domaine est réservé aux hommes, idée souvent ancrée dans notre société. En plus, si on aime cette discipline, il faut aller au bout et ne pas s’arrêter en route", conseille-t-elle. Sa devise? Rien n’est impossible. Pour Rajaâ, il est question de "gagner la liberté", car il s’agit en effet d’un parcours du combattant pour les femmes.

"Dès le plus jeune âge, les garçons marocains ont plus de libertés que les filles. Celle de sortir, de se promener seuls dans la rue habillés comme il leur plaît, de parler à qui ils veulent. Jusqu’à aujourd’hui, pour une jeune femme, l’émancipation de la famille passe d’abord par le mariage. Cependant, la tendance change petit à petit. Je connais de plus en plus de jeunes femmes, non mariées, qui sortent du foyer familial pour aller faire leurs études dans une autre ville, voire un autre pays, ou encore louer leur propre appartement une fois qu’elles entrent dans la vie active", a-t-elle indiqué vendredi soir.

"Pour moi, l’indépendance intellectuelle qui amène à l’indépendance financière est un des facteurs clés de l’émancipation féminine au Maroc. Les mentalités évoluent. Malgré cela, la femme marocaine manque cruellement d’ambition et de confiance en elle. C’est donc aux femmes, et j’entends par là “à chaque femme” de se faire une place, de s’imposer et de ne pas se sousestimer. J’attends avec impatience les autres évolutions que connaîtra le droit marocain en faveur des femmes", conclut-elle.

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