MAROC
11/12/2015 12h:34 CET | Actualisé 11/12/2015 12h:35 CET

Agro-industrie: Les opérateurs marocains misent sur l'Afrique

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AGRICULTURE - Le Maroc cible l’Afrique pour commercialiser ses produits agroalimentaires. C'est ce qu’a déclaré Amine Berrada Sounni, président de la Fédération Nationale de l’Agroalimentaire (Fenagri) lors d’un débat organisé le 10 décembre à Casablanca par la Chambre de commerce britannique au Maroc sous le thème: "Quel plan d’action pour améliorer la compétitivité de l’agriculture et de l’agro-industrie marocaines?".

"Nous travaillons actuellement pour le développement d’un salon de produits agroalimentaires marocains qui sera une vitrine du savoir-faire marocain et qui cible en premier lieu l’Afrique", a-t-il souligné. Pour le président de la Fenagri - au passage PDG de la Compagnie chérifienne de chocolaterie (Aiguebelle) - l’industrie agroalimentaire au Maroc dispose de réels avantages à valoriser sur les marchés étrangers, notamment dans reste du continent et le Moyen-Orient. Des niches sont aussi à développer dans les marchés traditionnels comme l’Union européenne et les Etats-Unis.

Pour ce faire, Amine Berrada Sounni a soulevé l’importance de développer l’amont agricole: "Seulement 13% de la production agricole est transformée. Le reste est valorisé sur le marché du frais". Pour le président de la Fenagri, s’il est vrai que le Plan Maroc Vert commence à porter ses fruits, une amélioration de la compétitivité du secteur s’impose. Cela passe par une meilleure intégration de l’amont agricole avec l’industrie agroalimentaire et une réduction de l’importance du secteur informel.

Correction de l'écart de TVA

Selon Amine Berrada Sounni, l’agro-industrie connaîtra des jours meilleurs grâce à la correction de l’écart de TVA entre les produits agricoles (exemptés) et ces mêmes produits transformés (soumis au taux normal). Cette mesure a été intégrée dans le Projet de loi de finance 2016. Ainsi, la TVA ne s’appliquera que sur la valeur ajoutée industrielle, ce qui rendra moins chers les produits transformés à base de produits agricoles marocains.

"Pour 2016, on se concentre sur les secteurs utilisant des fruits, légumes et légumineuses. Les résultats attendus devraient être très importants pour les secteurs de conserves, jus, fruits secs, salades, huiles d’olive et plats cuisinés", a expliqué le président de la Fenagri.

La fédération travaille depuis un an avec le ministère de l’Industrie, du commerce et des nouvelles technologies (MCINET) sur une autre disposition pour booster le secteur et faire émerger des écosystèmes agroalimentaires forts et compétitifs. Il s’agit de la stratégie de développement du secteur agroalimentaire, en cours de finalisation, et qui aboutira bientôt à la signature du contrat programme sectoriel.

En attendant, les opérateurs marocains font face à plusieurs obstacles: "les coûts élevés de la logistique, la faiblesse des infrastructures dans certaines destinations en Afrique, la concurrence et les exigences techniques de certains pays", a expliqué Najib Azzouzi, directeur du développement à l’Etablissement autonome de contrôle et de coordination des exportations (EACCE).

Selon la Fenagri, le secteur de l’agro-industrie compte actuellement 2.048 entreprises qui représentent en tout 5% du PIB national.

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