MAROC
10/12/2015 10h:15 CET | Actualisé 10/12/2015 10h:50 CET

L'appel à la grève lancé par les quatre centrales syndicales du Maroc a-t-il été suivi?

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MOUVEMENT SOCIAL - Les quatre centrales syndicales du Maroc ont appelé à des arrêts de travail ce jeudi 10 décembre dans la fonction publique pour dénoncer la réforme du système de retraite. L’appel de l'Union marocaine du travail (UMT), la Confédération démocratique du travail (CDT), la Fédération démocratique du travail (FDT) et l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) a-t-il été entendu ? On fait le point.

"L’appel à la grève dans la fonction publique et les collectivités territoriales a été largement suivi dans les secteurs de l’enseignement, la santé et l'administration", se réjouit Mohamed El Ouafi, Secrétaire national de l’UMT, joint par le HuffPost Maroc, qui revendique un taux de participation de 80%.

Qu’en est-il dans les faits ? Dans le secteur des transports, aucune perturbation du trafic n’a été enregistrée à l’ONCF, apprend-t-on auprès l’Office. Le transport urbain (notamment les bus gérés par les villes) continue de fonctionner normalement, nous indique Fouad el Ayoubi el Idrissi, président de la Fédération marocaine de l'Union des transporteurs routiers publics de personnes.

"A travers cette grève qui est avant tout symbolique, nous ne voulons pas paralyser l’économie du pays, notamment les secteurs privés et celui des transports qui peuvent avoir des répercussions sur toute l’économie nationale", rétorque Mohamed El Ouafi.

Dans le secteur de l’enseignement, plusieurs enseignants du primaire, secondaire et supérieur ont répondu à l’appel des centrales syndicales. A titre d'exemple et à l'instar de nombreux établissement public, à l’ENCG de Ain Sbaa à Casablanca, la plupart des professeurs ont fait grève et les cours ont été annulés, a constaté un journaliste du HuffPost Maroc.

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Qu’en est-il de la santé ? Dans le centre hospitalier universitaire (CHU) de Casablanca, certains fonctionnaires, notamment ceux relevant du secrétariat, ont fait grève, a constaté un journaliste du HuffPost Maroc. Plusieurs dispensaires ont également fait de même dans la ville blanche.

Si dans les médias publics (MAP, SNRT), l’activité se déroule normalement, les administrations ont pour la plupart fait grève, sauf quelques exceptions comme la préfecture de Hassan à Rabat. A quelques mètres de là, la perception de ce quartier de la capitale a fermé ses portes peu avant midi.

Principal point de distordre entre les syndicats et le gouvernement, le projet de réforme du système de retraite prévoit de relever l’âge minimum de départ à la retraite de 60 à 63 ans, une augmentation des cotisations de 20 à 28% et une baisse des pensions de retraite entre 20 et 30%.

Dans des déclarations à la presse, le Chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, avait récemment indiqué que cette réforme au sujet de laquelle les syndicats ont exprimé à maintes reprises leur mécontentement sera réalisée au courant de l’année 2016. Le bureau politique du Parti du progrès et du socialisme (PPS) a pour sa part appelé à un retour à la table du dialogue social.

Cet appel à la grève vise aussi à redorer l’image des centrales syndicales et démontrer leurs capacités à mobiliser les travailleurs marocains après l’échec de la marche organisée le 29 novembre à Casablanca.

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