MAROC
09/12/2015 12h:04 CET

À Casablanca, les syndicats ouvriers rendent hommage au fondateur du mouvement syndical tunisien (PHOTOS)

MANIFESTATION - A moins de deux jours de la grève générale touchant la fonction publique et les collectivités locales, un peu plus de 300 manifestants se sont réunis mardi 8 décembre à Casablanca à l’occasion d’un sit-in général des ouvriers initié par les quatre centrales syndicales du Maroc.

L’occasion également de rendre hommage à la mémoire du fondateur du mouvement syndical tunisien, Farhat Hached, assassiné le 5 décembre 1952 près de Radès en Tunisie. Un assassinat qui a eu un écho important dans l’ensemble du Maghreb, en particulier au Maroc où il a suscité de grandes manifestations.

"Nous venons commémorer l’anniversaire de la mort du grand résistant et militant Farhat Hached, assassiné des mains des oppresseurs qui combattaient le travail syndical et le travail social en général", a déclaré Said Ferchaoui, secrétaire général de l’Union Marocaine du Travail (UMT) chez Lesieur-Cristal.

"Il militait pour libérer les peuples arabes et en particulier les peuples tunisien, algérien et marocain. Il appelait à l’unité. Et nous, en ce moment, nous disons que l’unité est importante pour défendre nos revendications".

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Galerie photo Sit-in des syndicats marocains à Casablanca (08/12/2015) Voyez les images

"Marginalisation"

En dépit de l’échec de la dernière marche du 29 novembre, les centrales syndicales ne comptent pourtant pas reculer et annoncent poursuivre leurs mouvements de protestation. "Les problèmes que les ouvriers rencontrent et plus particulièrement sous ce gouvernement, c’est la marginalisation du travail syndical", a dénoncé pour sa part Mustafa Khalil, membre de l’UMT.

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Les quatre centrales syndicales, UMT, UGTM, CDT et FDT campent ainsi sur leur position. Dans leur viseur: la modification de la réforme du régime civil de la retraite, l’augmentation des salaires et des pensions, la baisse de la pression fiscale et l’application de l’accord du 26 avril 2011.

"Le dossier revendicatif de la classe ouvrière rassemble plusieurs points, notamment l’annulation de l’article 288, donner leurs droits aux femmes ouvrières, le blocage du licenciement abusif, ainsi que l’application des articles qui traitent de l’égalité et de la parité comme indiqué dans la Constitution de 2011", a rappelé pour sa part Chater El Kebira, membre de l’Union Progressiste des Femmes du Maroc tout en dénonçant le blocage du mécanisme du dialogue social.

"Ce que nous reprochons à ce gouvernement, c’est que Benkirane refuse un dialogue sérieux avec les syndicats, or l’économie marocaine ne se développera pas sans la classe ouvrière", a-t-elle conclu.

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