ALGÉRIE
07/12/2015 12h:28 CET | Actualisé 07/12/2015 12h:38 CET

Contrebande des carburants: l'Algérie perd 2 millions de tonnes annuellement, soit plus de 13% de la quantité commercialisée

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Une vanne ouverte. La contrebande des carburants, tous types confondus, se chiffre à deux millions de tonnes chaque année, a révélé ce lundi 7 décembre M. Hocine Rizou, le PDG de la société nationale de commercialisation et de distribution des produits pétroliers (Naftal).

Selon ce responsable, l'année 2015 devrait s'achever avec 15 millions de tonnes de carburant commercialisés. La part qui sort illégalement du pays s'élève donc à 13,4%.

Si le plafonnement de l'approvisionnement en carburant dans les zones frontalières a, selon M. Rizou, été "utile" dans la réduction de la contrebande dans les zones frontalières, les chiffres restent alarmants.

L'ancien ministre de l'Energie, Youcef Yousfi, a qualifié en juillet 2013 le trafic de carburant de "gangrène" pour l'économie algérienne. A l'époque, 1,5 milliards de litres quittaient illégalement l'Algérie par an pour un coût de 1 milliard de DA. Pour l'ancien ministre de l'Intérieur, Dahou Ould Kablia, il s'agissait d'un "problème sécuritaire".

Le PDG de Naftal, s'exprimant aujourd'hui au forum du journal El Moudjahid, a aussi indiqué que la contrebande dans les régions ouest du pays est beaucoup plus importante par rapport aux autres régions.

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Si le chiffre "officiel" de deux millions de tonnes par an laisse penser que les mesures prises ont été peu efficaces jusqu'ici, M. Hocine Rizou a évoqué une autre éventualité. L'implantation de stations-service de Naftal dans les pays voisins pourrait, selon lui, aider à décourager les contrebandiers.

"Des gens transportent illégalement notre carburant vers les pays voisins. Il nous serait donc plus profitable d'être présents dans ces pays"., a-t-il déclaré.

Il n'est pas exclu, a ajouté le premier responsable de Naftal, que des stations-service soient installées dans les pays du Sahel, et ce, outre celles qui pourraient être implantées dans les pays du Maghreb.

Les experts affirment pourtant que la principale raison derrière la contrebande du carburant reste son prix bas en Algérie par rapport aux pays voisins. Selon l'ancien ministre des Finances, Abdelatif Benachenhou, les subventions du carburant coûtent 1050 milliards de DA par an au Trésor public.

Interrogé sur d'éventuelles augmentations des prix du carburants, M. Rizou a répondu qu'une telle décision n'était pas du ressort de Naftal.

"Le projet de loi de finances 2016 est actuellement au niveau du Conseil de la nation, et nous attendons, comme tout le monde, la suite des événements", a-t-il avancé.

Il a, toutefois, ajouté: "Je ne peux pas m'exprimer sur ce sujet en tant que PDG de Naftal, mais en tant que citoyen, je ne vois aucun inconvénient à ce que les prix soient revus à la hausse. Les prix du carburant sont les seuls à ne pas avoir été augmentés au cours des dix dernières années".

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