ALGÉRIE
06/12/2015 10h:57 CET | Actualisé 07/12/2015 01h:56 CET

La lettre du général Toufik provoque des tumultes dans la maison du pouvoir algérien

toufik


Des partis et des personnalités politiques ont réagi ce dimanche 6 décembre à la sortie médiatique du général de corps d'armée Mohamed Médiene, dit Toufik. La lettre de ce dernier, dans laquelle il défend son subordonné le général Abdelkader Ait Ourabi, dit Hassan, condamné à cinq de prison le 26 novembre dernier, a provoqué des tumultes dans la maison du pouvoir algérien.

"Les propos du général Toufik sont d’une extrême violence", selon le ministre de la Communication Hamid Grine. Dans un entretien publié sur le site d'informations TSA, il a même qualifié l'intervention d'un manque au devoir de réserve que l'officier supérieur à la retraite est censé respecter.

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"Je suis étonné qu’un ex-officier supérieur qui connaît très bien ses droits et ses devoirs, notamment le devoir de réserve, se laisse aller à dénoncer une décision de justice", a-t-il affirmé.

Des accusations vite évacuées par l'ancienne ministre de la Culture, Khalida Toumi, qui relève que le général Toufik a "usé de toutes les voies réglementaires et officielles", comme il l'explique dans sa lettre.

Pour elle, un officier supérieur "ayant consacré sa vie à la lutte antiterroriste et à la défense du pays", ne peut s'exprimer sur un sujet aussi important avant d'avoir "écrit au président Bouteflika et essayer toutes les voies légales sans obtenir de résultats".

Louisa Hanoune a quant à elle estimé que l'ex-chef des services a, en défendant son ancien subordonné, le général Hassan, "défendu son honneur personnel ainsi que celui de tous les officiers de l'armée". Pour la première responsable du parti des Travailleurs et membre du groupe dit des "19-4", le général Toufik, est arrivé "à la même conclusion en analysant la réalité politique de l'Algérie" que le groupe de personnalités ayant demandé à s'entretenir avec le président Bouteflika.

Selon M. Hanoune, la lettre de l'ancien patron du DRS "prouve vraiment que le président n'est pas au courant de ce qui se passe dans le pays" et "témoigne de la gravité de la situation".

De son côté, le secrétaire général du FFS (Front des forces socialistes), Mohamed Nebbou, la lettre de Mohamed Médiene est une prise de position "personnelle" que son parti ne peut commenter. Il a toutefois averti que "les conséquences de la politique exercée par le pouvoir a placé l'Algérie aujourd'hui sur un volcan".

"Lever l'injustice sur tout le peuple algérien"

Le porte-parole du RCD (Rassemblement pour la Culture et la Démocratie), Athmane Mazouz a, de son côté, appelé Mohamed Médiene à œuvrer pour "lever l'injustice sur tout le peuple algérien" et non sur le général Hassan seulement".

Pour lui, "Toufik n’a pas à être consterné seulement par le sort d’une personne mais par celui de toute une nation qu’il a privée de liberté, de justice et de démocratie".

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