ALGÉRIE
04/12/2015 14h:45 CET | Actualisé 27/12/2015 03h:31 CET

Mohamed Mediene dit Toufik sort de son silence et défend le général Hassan condamné à 5 ans de prison

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Une grande première. Le général de corps d'armée à la retraite, Mohamed Mediene, dit Toufik, sort de son silence légendaire et défend son subordonné le général Abdelkader Ait Ourabi, dit Hassan, condamné à cinq de prison le 26 novembre dernier par le tribunal militaire d'Oran.

Dans un message laconique adressé à trois journaux algériens, le général Toufik, "consterné par le verdict du tribunal militaire d'Oran, a évoque "l'exemplarité" de son ancien subordonné, chargé, de l’antiterrorisme au sein des services de renseignement. Il précise que ce dernier a "mené à bien les missions qui lui étaient confiées".

"En ce qui concerne l’opération qui lui a valu l’accusation d’"infraction aux consignes générales", j’affirme qu’il a traité ce dossier dans le respect des normes et en rendant compte aux moments opportuns. Après les résultats probants qui ont sanctionné la première phase de l’opération, je l’ai félicité -lui et ses collaborateurs- et encouragé à exploiter toutes les opportunités offertes par ce succès. Il a géré ce dossier dans les règles, en respectant le code de travail et les spécificités qui exigent un enchaînement opérationnel vivement recommandé dans le cas d’espèce", précise encore l'ancien chef du DRS.

Le général Hassan, affirme aussi son supérieur, "travaillait sous "sa responsabilité "et a mené "sa misions dans le strict respect du reglement"
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Aussi, le général de corps d'armée à la retraite Mohamed Mediene, qui signe de son propre nom ce message inédit, estime que "le plus urgent, aujourd’hui, est de réparer une injustice qui touche un officier qui a servi le pays avec passion, et de laver l’honneur des hommes qui, tout comme lui, se sont entièrement dévoués à la défense de l’Algérie".

Rendant hommage aux médias algériens qui ont médiatise cette affaire, "en faisant preuve de beaucoup d’à-propos, malgré l’absence d’éléments d’appréciation officiels", l'ancien chef du DRS, espère que son "intrusion médiatique, même si elle constitue un précédent, ne suscite pas de commentaires qui risquent de la dévoyer et de la détourner du but recherché.

LIRE AUSSI: L'ancien chef de l'antiterrorisme, le général Hassan a été condamné à cinq ans de prison ferme

Pour rappel, le général Hassan qui était l’interlocuteur de services de renseignements étrangers a été placé sous contrôle judiciaire après sa mise à la retraite en 2013.

Ses avocats ont donné une tournure politique aux ennuis judiciaires du général Hassan en affirmant dans un communiqué qu’il était une "victime collatérale de la féroce guerre des clans qui se livre à un haut niveau de la sphère politique".

Un verdict rapide qualifié de "châtiment" par maître Khaled Bourayou, un des avocats de l’ancien responsable des services de renseignements. Le général Hassan qui a plaidé non-coupable était poursuivi pour les délits de "destruction de documents" et d'"infraction aux consignes militaires".

Le déroulement du procès dans un huis-clos strict à la demande du parquet qui a invoqué la sensibilité de l’affaire n'a pas d’avoir une idée précise des faits reprochés au général Hassan hormis ce qui a été fuité dans la presse sur une opération d’infiltration menée dans le nord du Mali sans que le commandement régional n’en soit informé.

Déclaration intégrale du général à la retraite Mohamed Mediene dit Toufik

Consterné par l’annonce du verdict prononcé par le tribunal militaire d’Oran à l’encontre du général Hassan, et après avoir usé de toutes les voies réglementaires et officielles, j’ai estimé qu’il est de mon devoir de faire connaître mes appréciations à l’intention de tous ceux qui sont concernés par ce dossier, ainsi que tous ceux qui le suivent de près ou de loin.

Le général Hassan était le chef d’un service érigé par le décret agissant sous l’autorité de mon département. A ce titre, il était chargé d’une mission prioritaire avec des prérogatives lui permettant de mener des opérations en relation avec les objectifs fixés. Les activités de son service étaient suivies régulièrement dans le cadre réglementaire.

En ce qui concerne l’opération qui lui a valu l’accusation d’"infraction aux consignes générales", j’affirme qu’il a traité ce dossier dans le respect des normes et en rendant compte aux moments opportuns. Après les résultats probants qui ont sanctionné la première phase de l’opération, je l’ai félicité -lui et ses collaborateurs- et encouragé à exploiter toutes les opportunités offertes par ce succès. Il a géré ce dossier dans les règles, en respectant le code de travail et les spécificités qui exigent un enchaînement opérationnel vivement recommandé dans le cas d’espèce.

Le général Hassan s’est entièrement consacré à sa mission. Il a dirigé de nombreuses opérations qui ont contribué à la sécurité des citoyens et des institutions de la République. Sa loyauté et son honnêteté professionnelle ne peuvent être mises en cause. Il fait partie de cette catégorie de cadres capables d’apporter le plus transcendant aux institutions qu’ils servent.

Au-delà des questionnements légitimes que cette affaire peut susciter, le plus urgent, aujourd’hui, est de réparer une injustice qui touche un officier qui a servi le pays avec passion, et de laver l’honneur des hommes qui, tout comme lui, se sont entièrement dévoués à la défense de l’Algérie.

Les médias ont traité abondamment cette affaire en faisant preuve de beaucoup d’à-propos, malgré l’absence d’éléments d’appréciation officiels. J’ose espérer que mon intrusion médiatique, même si elle constitue un précédent, ne suscite pas de commentaires qui risquent de la dévoyer et de la détourner du but recherché.

Le général de corps d’armée à la retraite Mohamed Mediene

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