03/12/2015 04h:44 CET | Actualisé 03/12/2015 05h:56 CET

Le wali de la région Casablanca-Settat, Khalid Safir, revient sur les enjeux de la régionalisation avancée

CASABLANCA - Invité par l’Association marocaine du conseil en management (AMCM), Kahlid Safir, wali de la région Casablanca-Settat est revenu mardi soir sur les enjeux du processus de régionalisation avancée au sein du Grand Casablanca, une semaine après avoir présenté une série de projets pour la capitale économique à l’horizon 2020 devant la Chambre française du commerce et de l'industrie du Maroc (CFCIM) et annoncé vouloir gérer Casablanca comme "une grande entreprise".

"La décentralisation au Maroc a aujourd’hui une quarantaine d’années, l’âge de la maturité. Nous passons à un nouveau stade, celui de donner plus d’autonomie aux régions mais aussi aux collectivité territoriales: c’est ça la véritable nouveauté", a d'emblée déclaré Kahlid Safir.

Un débat à l’initiative de l’AMCM, en présence notamment de Mustapha Amhal, président de la Chambre de commerce, d'industrie et des services (CCIS) du Grand Casablanca, qui avait pour ambition d’envoyer un message clair aux différents cabinets de conseil en management présents dans la salle. "Les collectivités territoriales auront besoin de beaucoup d’assistance intellectuelle pour les aider à la fois à consulter leurs partenaires mais aussi à construire leur plan d’action et les outils de réalisation", a souligné le wali de Casablanca.

Après avoir rappelé le coût du nouveau plan de développement du Grand Casablanca, soit 33,6 milliards de dirhams, Khalid Safir est revenu sur la volonté de faire de la capitale économique un véritable "hub financier international" tout en améliorant son cadre de vie et la mobilité. Pour la région en revanche, le wali s’est montré plus discret. "Est-ce qu’il y a aujourd’hui des thématiques prioritaires? Je dirais oui et non. Moi qui exerce depuis deux ans à Casablanca, j’ai ma vision des choses mais je laisse les conseils nouvellement élus faire leur travail de réflexion, de consultation. Ce sont ces conseils durant cette année qui définiront ces priorités", a-t-il précisé.

2016 marquera ainsi une année charnière au regard de la transition initiée par les pouvoirs publics. "La loi a défini une période de 30 mois pour permettre cette transition. A titre d’exemple, nous passons à un nouveau système où le Conseil régional devient un conseil décisionnel, et c’est son président qui exécute les décisions du Conseil. Le wali n’a aujourd’hui plus que deux missions, celle d’accompagner et d’assister, et aussi de contrôler administrativement", a ainsi expliqué Khalid Safir.

Le wali du Grand Casablanca est également revenu sur les grandes lignes de la nouvelle gouvernance territoriale. En somme, l’architecture territoriale place la région au centre de l’édifice institutionnel du royaume. "Elle sera chargée du développement économique des territoires ainsi que de la création de synergies entre les différents territoires de chaque région", a rappelé Khalid Safir. Avant d’ajouter: "Les communes, qui sont l’organisation territoriale de base, s’occuperont de tout ce qui à trait au service de proximité aux citoyens: services municipaux, voirie, propreté, ramassage des ordures, éclairage public, eau, électricité, assainissement… La couche provinciale ou préfectorale sera elle dédiée au social, à la santé et à l’éducation".

Enfin, la question des finances publiques a été longuement abordée à l’occasion de cette soirée de débat. Si les aspects de transfert de charges et de ressources restent encore flous et appellent à une véritable clarification, Khalid Safir a tenu à rappeler que "le chemin ne sera pas facile".

"Les administrations centrales sont généralement très jalouses de leur prérogatives et de leurs ressources et on sera confrontés, à un moment donné, à la gestion de la rareté de ces ressources. Mais la loi fixe aujourd’hui des seuils et un rythme. Pour cette première année, le budget général de l’Etat n’a pas prévu de premier transfert parce que c’est une année de démarrage. Mais la loi définit une feuille de route qui doit être appliquée à partir de 2017", a conclu le wali.

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