MAROC
03/12/2015 08h:44 CET | Actualisé 03/12/2015 08h:44 CET

Ce que coûte chaque année l'abandon scolaire au Maroc

La facture salée de l'abandon scolaire au Maroc
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La facture salée de l'abandon scolaire au Maroc

ÉDUCATION - 9 milliards de dirhams. C’est ce que coûtent chaque année aux caisses de l’Etat l’abandon scolaire (3 milliards de dirhams) et le redoublement (6 milliards de dirhams). Ces chiffres, issus d’un récent rapport du Conseil supérieur de l’éducation, ont été dévoilés par Nizar Baraka, président du Conseil économique et social (CESE), mercredi 2 décembre lors de la présentation de son budget au sein de la Commission des finances de la Chambre des conseillers, rapporte L’Economiste.

Selon l’Unicef, "le système éducatif marocain, malgré les avancées remarquables réalisées en matière d’accès à l’éducation, souffre toujours du problème de l’abandon scolaire dont le taux atteint 4% au primaire et 10.5% au collège. Cette déperdition scolaire a des conséquences néfastes, parce que la rupture de la scolarité constitue une rupture de la socialisation et du développement de l’enfant".

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"Ce degré de déperdition scolaire, et les inégalités qui en résultent en terme d'éducation, entravent le développement du royaume", avait souligné en décembre 2014 Ilham Lagrich, présidente du Comité de soutien à la scolarisation des filles en milieu rural (CSSF), lors d’une conférence sur le sujet organisée par le Conseil national des droits de l'Homme (CNDH).

Au lendemain de la publication d’une enquête de l’Observatoire national de développement humain (ONDH) sur ce fléau, en février dernier, la présidente de l’association Jiwar Education et Développement Zineb Khatib avait confié au HuffPost Maroc que "même si les élèves sont inscrits, on observe encore beaucoup d’enfants qui disparaissent en cours d’année, qui abandonnent l’école parfois dès le CP, à l’âge de 6 ans".

Des causes multiples

Pourquoi ces enfants quittent-ils l’école en cours de route? "Ils ont pu être confrontés à une violence verbale ou physique de la part du corps enseignant, ils n’ont pas fait de préscolaire et l’enseignement est trop difficile pour eux, les conditions familiales sont mauvaises", avait estimé Zineb Khatib.

Le Conseil du gouvernement, réuni mercredi 23 septembre, avait adopté le projet de loi concernant la création du Conseil consultatif de la famille et de l'enfance (CCFE), institué par la Constitution de juillet 2011. Le futur Conseil, qui suscite de grandes attentes et beaucoup d’espoir dans les milieux associatifs, devra notamment se pencher sur la question du décrochage qui persiste dans les écoles marocaines.

Le Conseil pourrait suivre le modèle du Canada, où les élèves qui n’arrivent pas à suivre sont automatiquement dirigés vers les branches spécialisées tel l’apprentissage des métiers.

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