02/12/2015 14h:33 CET | Actualisé 03/12/2015 05h:59 CET

Stelia Aerospace investit plus de 400 millions de dirhams à Casablanca

Moulay Hafid Elalamy, ministre de l'Industrie, du commerce, de l'investissement et de l'économie numérique
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Moulay Hafid Elalamy, ministre de l'Industrie, du commerce, de l'investissement et de l'économie numérique

AÉRONAUTIQUE - Stelia Aerospace a tenu sa promesse. La filiale d’Airbus a inauguré le 2 décembre sa deuxième usine au Maroc. Le ministre de l'Industrie, du commerce, de l'investissement et de l'économie numérique, Moulay Hafid Elalamy, a posé la première pierre de ce projet qui confirme la compétitivité du Maroc dans le secteur de l’aéronautique.

D’un premier investissement d’environ 426 millions de dirhams, la nouvelle usine sera dédiée à la fabrication d'aérostructures. Elle sera spécialisée dans l’assemblage de sous-ensembles aéronautiques complexes pour les programmes série airbus (A320, A330) et ATR mais également l’A350 et le Global 7000/8000 de Bombardier.

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Moulay Hafid Elalamy, ministre de l'Industrie, du commerce, de l'investissement et de l'économie numérique, et Cedric Gauthier, PDG de Stelia

"L’investissement concerne la première phase du projet. Dans 18 mois, on saura les détails de la deuxième phase et le montant global du projet", nous a confié le président du Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS), Hamid Benbrahim El-Andaloussi. Installée sur une superficie de 15.000m² sur une emprise de 3 hectares au Midparc, l’usine créera 400 nouveaux emplois liés au secteur de l’aéronautique.

Vitesse supérieure

Avec la construction de ce site, Stelia Aerospace passe à la vitesse supérieure en se dotant de nouvelles capacités et compétences en assemblage, rivetage d’éléments de structure et usinage. “Le groupe spécialisera sa première usine dans l’activité composite et la deuxième autour du métallique”, apprend-on auprès du ministère de l'Industrie, du commerce, de l'investissement et de l'économie numérique.

Le groupe veut “permettre l’éclosion d’une filière aérostructure cohérente et compétitive s’appuyant sur un tissu local dynamisé par son implantation”. Pour sa part, le ministère de l'Industrie, du commerce, de l'investissement et de l'économie numérique met en place un véritable écosystème autour de Stelia comme locomotive. "Stelia Aerospace est un acteur majeur de l’aérostructure en Europe. C’est la filiale d’Airbus, co-leader mondial de la construction aéronautique”, explique Hamid Benbrahim El-Andaloussi.

Rappelons que ce groupe n’est pas le seul leader de l’industrie aéronautique qui a jeté son dévolu sur Midparc, la zone franche aéronautique de Casablanca. Une première usine du français Thalès y verra bientôt le jour, ont révélé mardi nos confrères de TelQuel.

Bombardier, fleuron canadien de l’industrie ferroviaire et aéronautique, dispose également d’une usine à Nouaceur. La production de cette unité prend progressivement de l'ampleur. D’un investissement d’environ 2 milliards de dirhams, l'usine de Casablanca devrait compter 850 salariés vers 2020. Elle produit des composants mécaniques et des sous-ensembles pour les ailes du Canadair regional jet (CRJ), un avion de transport régional.

“Le secteur aéronautique marocain est le seul qui triple son taux de développement chaque année au niveau international", affirme le président de GIMAS. "Il compte 110 sociétés qui emploient 11.500 travailleurs de haut niveau technique dont la moyenne est âgée de 30 ans”. Et de préciser que la stratégie du Maroc vise à rendre la zone franche Midparc de Nouaceur, leader du domaine aéronautique en Afrique.

Nouvelles mesures incitatives

Pour ce faire, le gouvernement met en place une batterie de mesures incitatives. Il offre des subventions aux locomotives, ainsi que des primes aux premiers investissements dans les métiers pionniers définis par l'écosystème. “Un appui financier est proposé aux investissements de création et d’extension. Les aides directes pour qualifier les profils cibles peuvent atteindre 6.000 euros par personne”, indique le ministère de tutelle.

Par ailleurs, le foncier locatif est offert à des prix attractifs aux investisseurs aéronautiques. 97 hectares sont réservés aux écosystèmes du secteur dont 63 hectares à Nouaceur où la plateforme MidParc offre une infrastructure de qualité et des services ad hoc.

Le reste du foncier mis à disposition est réparti entre Tanger (19,5 ha) et d’autres régions du Royaume (14,5 ha). Les différentes parties prenantes sont déterminées à atteindre les objectifs fixés dans le cadre du Plan d’accélération industrielle (PAI) 2014-2020, et dont les quatre premiers écosystèmes identifiés concernent l’Assemblage, les Systèmes électriques, l’Entretien-réparation & révision et l’Ingénierie.

A l’horizon 2020, on prévoit la création de 23.000 nouveaux emplois, et un chiffre d’affaires de l’ordre de 16 milliards de dirhams. Le taux d’intégration locale devrait quant à lui être porté à 35% dans les cinq prochaines années. L’entrée de 100 nouveaux acteurs est d'ailleurs envisagée.

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