MAGHREB
01/12/2015 13h:12 CET

Tunisie: La double peine des personnes séropositives entre la stigmatisation et le difficile accès aux soins

ALT MST/Sida/ communiqué de presse

"Malheureusement, les personnes séropositives souffrent toujours de la stigmatisation. Elles sont mal vues par la société et c'est plus grave encore quand cette discrimination vient des personnels des centres de soin", déplore Badr Baabou, membre de l'Association Tunisienne de Prévention Positive (ATP+).

Comme chaque 1er décembre, Journée mondiale de lutte contre le sida, plusieurs associations en collaboration avec le ministère de la Santé organisent des campagnes de sensibilisation autour de cette question.

Au programme cette année, "c'est journée "portes ouvertes" avec des stands qui ont été installés dans certains endroits, très fréquentés tels que la gare de la place Barcelone, ou à la gare de Sousse", explique M. Baabou au HuffPost Tunisie, .

Des femmes au ban de la société

"Une forme de stigmatisation ronge les malades, celle qui est dirigée contre les femmes séropositives. Elles sont la plupart du temps rejetées par leur famille, incomprises, accusées d’être des femmes de mauvaises vies alors que le VIH ne se transmet pas seulement par voie sexuelle", a affirmé au HuffPost Tunisie Sabrine Darraji, chargée de communication à l'Association tunisienne de lutte contre les maladies sexuellement transmissibles et le sida ( ATL MST/Sida).

Le coût élevé de certains médicaments freine également la guérison des malades qui nécessite une régularité dans le traitement.

"Il y a certaines personnes qui résistent aux médicaments et qui en nécessitent d'autres, ceux qu'on appelle de "première ligne" ( ils coûtent 600 dinars par mois). Ces médicaments sont très chers et l'Etat ne veut pas les prendre en charge. Il ne cède qu'après de longues démarches. Entretemps, ces personnes là ne prennent pas leurs médicaments et sont en danger", explique Badr Baabou.

Les obstacles à la prévention

Badr Baabou s’alarme de "la banalisation" de cette maladie. "Pour de nombreuses personnes, puisque cette maladie n'est plus mortelle mais chronique, il n'y a pas lieu de la craindre comme avant sous prétexte que ça n'arrive qu'aux autres. Au final, il y a une certaine banalisation de cette maladie, qui fait qu'on la prend à la légère et qu'on ne se protège pas suffisamment".

Le manque de préservatifs subventionnés par l'Etat dans les grandes surfaces ou auprès des institutions étatiques est également pointé du doigt par Badr Baabou: "Les grandes surfaces préfèrent vendre les préservatifs non subventionnés, qui sont plus chers. Ils sont en plus placés dans les rayons inférieurs et sont ainsi difficiles à apercevoir", a-t-il fustigé

"On a constaté aussi une réticence de certaines associations à distribuer les préservatifs de peur d’être accusées d’encourager à la "débauche", a-t-il conclu.

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