MAGHREB
30/11/2015 09h:44 CET | Actualisé 30/11/2015 09h:45 CET

Pourquoi Bill Gates va marquer le lancement de la COP21

Il n'y a pas que les chefs d'Etat qui sont à l'honneur en ce lundi 30 novembre, jour de lancement de la COP21 au Bourget. Le fondateur de Microsoft et milliardaire philanthrope, Bill Gates, devrait lui aussi marquer de son empreinte cette 21e Conférence de l'ONU consacrée au réchauffement climatique.

Pourquoi lui? Parce qu'il s'apprête à investir entre 1 et 2 milliards de dollars dans les cinq prochaines années pour doper la recherche et le développement dans les énergies propres. Un geste financier significatif suivi par 26 autres grandes fortunes de la planète comme les géants du Net Jeff Bezos (Amazon) et Mark Zuckerberg (Facebook), le charismatique patron de Virgin Richard Branson ou encore le financier George Soros. Tous ont uni leurs efforts dans la "Breakthrough Energy Coalition" avec un objectif: financer l'innovation technologique pour accompagner les efforts des Etats dans le déploiement des énergies dîtes "propres".

Cette initiative inédite mêlant capitaux privés et investissements publics est justement officialisée ce lundi au Bourget. Réunis dans le cadre de la "Mission innovation" ("Clean Tech" en anglais) la France et les Etats-Unis ainsi que 18 autres pays signataires vont s'engager à doubler, d'ici 5 ans, leurs investissements dans la recherche et le développement des énergies renouvelables. Ce club, qui représente déjà près de 80% du budget mondial consacré à la recherche et au développement, compte de très gros consommateurs d'énergie comme la Chine et l'Inde.

Les investisseurs privés serviront quant à eux de passerelle entre les nouvelles entreprises du secteur des énergies vertes, la recherche et le marché de l'énergie. "Les gouvernements ont toujours été là pour financer la recherche fondamentale, comme ce fut le cas avec la révolution numérique. Mais nous devons accompagner ce mouvement avec des gens qui sont prêts à investir dans des entreprises d'énergie révolutionnaires, même avec un très gros risque", estime le fondateur de Microsoft.

Démocratiser les technologies bas carbone de demain

Si l'on ignore encore la somme globale mobilisée, il s'agit sans conteste de l'initiative la plus ambitieuse jamais entreprise en vue de préparer une sortie des énergies carbonées. Car l'objectif est bien de développer "de nouvelles technologies qui vont définir un futur mix énergétique propre, abordable et fiable", a indiqué la Maison Blanche ce week-end.

"La principale difficulté pour ces technologies émergentes est de passer du stade du prototype au stade de la commercialisation à grande échelle. Et si elles parviennent à franchir la 'Vallée de la Mort', qui désigne cette transition délicate entre un projet de R&D et une production en série, elles sont trop souvent confinées à des marchés de niche, notamment en raison de leur coût trop élevé", assure-t-on du côté de l'Elysée.

Efficacité énergétique, énergies renouvelables, énergie nucléaire, technologies des réseaux électriques, captage et stockage du carbone, systèmes de transport avancés, nouveaux carburants... Les domaines de recherche ne manquent pas, même si certains feront grincer des dents chez les défenseurs de l'environnement. En boostant leur financement, la Mission Innovation vise précisément à diffuser ces technologies bas carbone pour diminuer leur coût et parier sur un effet de levier de la part de nouveaux investisseurs.

"L’homme a déjà changé son régime énergétique par le passé, mais jamais aussi rapidement qu’il le faut aujourd’hui. Jamais nous n’avons évolué aussi rapidement. Raison de plus pour commencer dès aujourd’hui.", plaide Bill Gates.

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