MAGHREB
29/11/2015 18h:30 CET | Actualisé 30/11/2015 03h:46 CET

Tunisie: Pour le président de la République Béji Caïd Essebsi, la "paix sociale" participe à la lutte antiterroriste (VIDÉO)

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi a appelé dimanche soir à la "paix sociale", estimant que l'arrêt des mouvements sociaux participerait à la lutte antiterroriste, alors que son pays a été frappé par un nouvel attentat meurtrier.

Le chef de l'Etat a aussi lancé un appel à Nidaa Tounès, le parti qu'il a fondé en 2012 et qui a remporté les élections législatives et présidentielle de l'an dernier, à "se ressaisir". La formation est déchirée depuis des mois par une guerre des chefs, après que M. Essebsi a quitté sa tête pour devenir "le président de tous les Tunisiens".

"L'économie en Tunisie est dans une situation difficile et il est nécessaire d'en sortir en attirant les investissements extérieurs et intérieurs, ce qui ne se fera que si nous créons les conditions favorables" à cela, a-t-il affirmé dans une allocution télévisée.

"La paix sociale participe à créer le climat nécessaire pour (...) remporter la bataille contre le terrorisme", a-t-il ajouté.

Douze agents de la garde présidentielle ont été tués le 24 novembre dans un attentat en plein Tunis, la troisième attaque d'envergure cette année à être revendiquée par le groupe Etat islamique.

Le président a appelé la centrale syndicale UGTT et l'organisation patronale UTICA à régler leurs différends sur les augmentations de salaire dans le secteur privé d'ici le 10 décembre, date à laquelle les représentants de ces deux organisations se rendront à Oslo, en compagnie de ceux de la Ligue des droits de l'Homme et de l'Ordre des avocats pour la cérémonie de remise du Prix Nobel de la paix. Le prix avait été décerné en octobre à ce "Quartet" pour avoir facilité un "dialogue national" entre les diverses forces politiques à un moment délicat de l'histoire du pays.

M. Essebsi a en outre reconnu que Nidaa Tounès, le premier parti du pays, passait par une "crise qui s'est aggravée pour arriver à ce qui semble être une impasse", l'obligeant à intervenir. Le président a annoncé avoir choisi 13 personnalités pour qu'elles jouent les médiateurs entre les deux camps qui se disputent la direction du parti, dont l'un est mené par son fils Hafedh.

Le discours du chef de l'Etat a été accueilli par de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux, des internautes dénonçant le fait qu'il ait longuement parlé de son parti alors que le pays est en état d'urgence et le Grand Tunis sous couvre-feu depuis le dernier attentat.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.