ALGÉRIE
28/11/2015 08h:12 CET | Actualisé 28/11/2015 11h:13 CET

13ème édition de DimaJazz: Un métissage de musiques en hommage à Aziz Djemame signé Karim Ziad & Friends

HuffPost Algérie

Brassage jazz, gnawa et chants Aïssaoua, ont marqué le concert d'ouverture de la 13e édtition de DimaJazz hier soir à la salle Ahmed Bey de Constantine. Des créations musicale exquises qui ont ravi le public et ont enchanté tous ceux qui ont bravé hier le froid Constantinois de ce cette fin novembre.

Ambiance métissée avec un coloriage musical de tout le continent vendredi soir à l’ouverture de la 13ème du festival international de jazz de Constantine DimaJazz. Karim Ziad and Friends, qui donnaient le la à cet évènement, ont mis du rythme dans une salle pleine à craquer, en présence d’une délégation palestinienne, pour laquelle la présente édition est dédiée.

En première partie de soirée, Karim Ziad and friends, hommage à l’un des fondateurs du festival, Aziz Djemame disparu il y a dix ans. Le talentueux batteur algérien offrait au public deux trios distincts. Saxophone et clavier en première partie en compagnie de Bojan Z. Et guitare signée N'guyen Lê et Michel Alibo à la basse en la seconde. Sa percussion énergique et syncopée se lisait parfaitement sur les notes en passant aisément d’une esquisse à l’autre.

Insraf de l’album Afrique, Zeven, Ederlizi (air traditionnel gitan), ce sont des morceaux parmi d’autres interprétés à la perfection.

Une fusion endiablée renvoyait des mélodies africaines, algériennes, universelles avec cette harmonie qui trouve applaudissement dans le public. Un demi-kilo d’agneau et deux caisses Hamoud Boualem "acronyme" d’un de ses titres, the joker, Madal, Zigzag et un "Slage" en mesure 11/4 enflammaient davantage la salle Ahmed Bey.

En fait, dès que le jazz s’étend aux Aissaouas de Constantinel et aux premières notes du groupe du batteur algérien Karim Ziad, accompagné de la troupe Aïssaoua Ahmed Benkhellaf, les rythmes endiablés ont ‘‘embrasé’’ la scène, au grand bonheur d’une assistance qui ne pouvait plus tenir en place.

Une toile assez originale pour les uns et insolite pour d’autres s’est fait inviter en finish. La troupe locale s’est mélangée aux sons de la guitare, de la basse et de la batterie.

Batterie et guitare basse se sont associées avec bendir et flûte dans une ambiance qui a alterné avec bonheur les ‘‘Ibtihalate’’ et les envolées rythmées soutenues tantôt par les bendirs, tantôt par la batterie. Les deux groupes qui battaient la mesure à tour de rôle, et parfois en même temps, ont rivalisé pour donner plus d'âme et de vibration à leur prestation devant un public qui n’a pas beaucoup à entrer en transe.

‘‘Insraf’’, ‘‘Zigzag’’, ‘‘Stage’’ et autres morceaux d'un répertoire que le public semble connaître et apprécier ont été interprétés avec talent, maîtrise et un ‘‘feeling’’ exceptionnel.

La bande de Karim Ziad, glissant d'un rythme à un autre, du jazz au gnawi, croisant les sonorités d'orient et d'occident, a été accueillie par des tonnerres d’applaudissement à chaque début de morceau, ce qui contribua à ‘‘chauffer’’ encore plus l’ambiance.

L’entrée en scène ‘‘tardive’’ du marocain Hacène Bessou a rappelé à tout le monde qu’il n’était pas encore l’heure d’aller dormir. Accompagné de son Guembr et de batterie de Karim, il a en effet administré une sacrée dose d’énergie. Et c’est peu dire au vu des déhanchements observés dans la salle.

Au cours d’une conférence de presse organisée après le spectacle, Karim a souligné que ‘‘l’idée géniale’’ d’introduire le chant aïssaoua était venue du commissaire du festival, Zouhir Bouzid.

"Il faut aller chercher des choses qui n’ont pas encore été faites. C’est à dire innover", dira aux journalistes Karim Ziyad. L’artiste soulignera l’importance d’adopter ce style "comme je le conçois .je ne suis ni américain, ni européen .Il ne faut pas faire s’aligner sur le jazz de Chick Corea, Keith Jarrett , Charlier Parker ou Sonny Rollins. Tous ces artistes m’influencent .J’essaye de m’accaparer ces couleurs et d’en faire aussi mon identité pour cela on doit y ajouter des sons maghrébins".

Le public apprécie et les mélomanes finissent le show en transe.C’était la spécificité de cette soirée inaugurale. Ce soir, pour la seconde soirée, le public devrait accueillir la troupe Toni Green et Malted Milk et la marocaine Oum El Ghait Benessahraoui, alias Oum.

L'ouverture de DimaJazz à la salle Ahmed Bey a tenu toutes ses promesses. Les mélomanes étaient au rendez-vous et les artistes au meilleur de leurs formes. Cet engouement se confirmera-t-il pour les sept soirées restantes?

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