MAROC
27/11/2015 03h:17 CET

Trouble de l'attention, autisme... Une campagne de dépistage pour un million et demi d'élèves

Une campagne de dépistage pour un million et demi d'élèves
Une campagne de dépistage pour un million et demi d'élèves

SANTÉ - Pour la première fois, les ministères de la Santé et de l’Éducation nationale lancent conjointement une campagne de dépistage et de prise en charge des problèmes de santé en milieu scolaire.

"La campagne concerne les élèves du préscolaire, de la première année du primaire et ceux de la première année de l’enseignement collégial", explique au HuffPost Maroc Dr. Najat Gharbi, chef de la division santé scolaire et universitaire au ministère de la Santé.

La première phase de la campagne consiste en "un examen médical global et un dépistage des troubles sensoriels (auditifs et oculaires) et neuropsychiatriques comme l’épilepsie, le trouble de l’activité et de l’attention, le trouble de développement ou encore l’autisme", détaille Dr. Gharbi.

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Près de 4.500 médecins mobilisés

Selon le ministre de la Santé Houcine El Ouardi, contacté par le HuffPost Maroc, "une forte mobilisation des ressources humaines et matérielles a été prévue pour la réussite de cette opération".

Dans le détail, plus de 3.200 médecins généralistes, 810 spécialistes, 460 médecins dentistes et près de 9.700 infirmiers sont mobilisés.

260 unités sanitaires mobiles, 20 cliniques mobiles, 340 unités dentaires fixes, 145 unités dentaires mobiles et 115 réfractomètres automatiques sont également mis à la disposition des équipes, outre médicaments et produits pour soins dentaires.

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La société civile craint le revers de la médaille

"Les troubles sensoriels, psychiatriques et neurologiques sont très fréquents en milieu scolaire. Malheureusement, ils sont rarement pris en charge dans nos écoles", témoigne Mohamed Farissi, enseignant dans la région de Marrakech.

Même son de cloche chez Issam Redouane, acteur associatif à Casablanca, qui estime qu’une "campagne de dépistage présente peu d’intérêt si elle n’est pas accompagnée d’une prise en charge et d’un suivi médical".

Pour lui, "les familles nécessiteuses qui n’ont pas les moyens de faire un suivi chez des médecins peuvent être amenés à choisir l’abandon scolaire, ce qui peut pousser à la marginalisation de l’enfant".

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El Ouardi rassure

Le ministre de la Santé se veut néanmoins rassurant: "Si la première étape de la campagne (du 16 novembre et 30 décembre), est destinée au dépistage et à la sensibilisation, la seconde (du 4 janvier au 26 février 2016), est dédiée à la prise en charge des cas dépistés dans les structures de santé et à travers l’organisation de caravanes médicales, particulièrement en milieu rural". Une opération "qui sera renouvelée tous les ans", conclut El Ouardi.

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