25/11/2015 03h:19 CET | Actualisé 03/03/2017 06h:51 CET

Le Maroc veut emprunter à la Turquie son modèle touristique

Tourisme: Le Maroc sur la voie du modèle turc
CC
Tourisme: Le Maroc sur la voie du modèle turc

TOURISME - La Turquie, terre promise du tourisme. Tel est le message véhiculé lors de la conférence organisée par l’Agence nationale des investisseurs touristiques (ANIT), mardi 24 novembre à l’hôtel Golden Tulip de Casablanca. "Le Maroc a toujours été un peu jaloux du développement de la Turquie au niveau touristique", a plaisanté Fouad Chraibi, président de l’ANIT dès l’ouverture de la conférence.

La compagnie aérienne Turkish Airlines, détenue à 50% par l’Etat turc, figure parmi les atouts notoires qui ont hissé la Turquie au rang des destinations touristiques les plus attractives. Elue meilleure compagnie aérienne en Europe pendant cinq années consécutives, Turkish Airlines a transporté 44,7 millions de passagers pour l’année 2014 et compte 298 avions qui volent vers le plus grand nombre de destinations à travers l’Europe, l’Amérique, l’Asie et l’Afrique. Seuls l’Australie et l’Antarctique ne sont pas desservis. En 2010, la Turquie était classée 6e en termes d’arrivées touristiques internationales, enregistrant une augmentation de 30% en trois ans.

Istanbul, une implantation naturelle favorable

A mi-chemin entre l’Europe et l’Asie, Istanbul bénéficie d’une position géographique privilégiée. "Nous sommes au centre de cette partie du monde et pouvons ainsi facilement relier les grosses métropoles des continents américain et asiatique. Istanbul est devenu un véritable hub", souligne Mehmet Onkal, membre du conseil consultatif de l'Association turque des investisseurs touristiques.

Un vaste chantier d’infrastructures

Amorcé depuis une trentaine d’années, le secteur touristique turc est doté d’un "personnel largement formé et expérimenté", salue Mehmet Onkal. Et d’ajouter: "notre première démarche a été de se mettre en relation avec les foires internationales grâce auxquelles nous nous sommes peu à peu étendus vers le marché européen".

La réussite du modèle touristique turc réside avant tout dans le vaste chantier d’infrastructures initié par l’Etat dans deux régions, le Belek (sud) et la Marmara où se niche notamment la métropole stambouliote. "Nous avons voulu proposer une palette très variée d’hôtels de différentes gammes et de resorts (complexes hôteliers de luxe, ndlr) afin de satisfaire et d’attirer un maximum de visiteurs", poursuit Mehmet Onkal.

Les deux aéroports internationaux basés à Istanbul, dont l’un dessert l’Asie tandis que l’autre est tourné vers l’Europe, constituent également un privilège non négligeable en faveur du secteur touristique turc. De vastes complexes aériens qui desservent à eux deux environ 50 millions de passagers chaque année. Enfin, "les nombreux centres de conférences encouragent les activités liées au business et séduisent aussi en dehors de nos frontières", conclu Mehmet Onkal. Avec 5,3 millions de touristes, l’Allemagne est le marché le plus important du secteur touristique turc.

Quid du Maroc?

"Je tiens à rendre hommage aux professionnels marocains du tourisme qui œuvrent dans un contexte de voisinage difficile", relève Abderrafie Zouiten, directeur général de l’Office national marocain du tourisme (ONMT), faisant notamment référence à "la fermeture de la frontière maroco-algérienne depuis 1994". Le secteur touristique marocain connaît toutefois un repli d’activité en raison du retrait du marché historique de la France, avec un déclin de 6% relevé fin 2014.

De même, sur les six premiers mois de l’année 2015, les destinations de loisirs telles que Marrakech, Agadir et Tanger ont marqué un net retrait, s’échelonnant sur 12 à 18%. Sur le haut de gamme, Marrakech reste cependant la grande gagnante sur la période 2014. "Le Maroc est en passe de souffrir pendant à peu près 3 mois et demi. Malgré ces chiffres, le bilan est malgré tout positif car nous avons réussi à maintenir des taux sensiblement élevés", indique Philippe Gauguier, associé du cabinet de conseil en tourisme InExtenso.

Encore des lacunes à combler

En 1999, quatre vols sont prévus chaque semaine au départ de Marrakech vers Paris. Deux vols hebdomadaires en partance de Paris à destination d’Agadir sont lancés la même année, contre 14 actuellement. "A l’époque, nous nous étions permis de prendre un risque en tablant sur le secteur aérien et en entretenant d’excellentes relations avec les médias", explique Abderrafie Zouiten.

Or, le Maroc ne possède pas de véritables stations balnéaires et gagnerait à faire émerger Agadir, "station de référence dans le bassin méditerranéen pendant les années 1970". "Il faut renouveler sans arrêt les produits et ne pas se reposer sur ses lauriers comme l’a fait Agadir. Elle en paye aujourd’hui le prix".

LIRE AUSSI:Tourisme: Et si le Maroc s'inspirait de la Turquie?

Galerie photo 12 mois, 12 destinations au Maroc Voyez les images