MAGHREB
22/11/2015 04h:12 CET | Actualisé 22/11/2015 08h:21 CET

Après les attentats de Paris, Bruxelles en alerte maximale pour la deuxième journée consécutive

AFP/JOHN THYS

L'alerte maximale se poursuivait dimanche à Bruxelles, qui redoute les mêmes attaques qu'à Paris, où débute lundi une semaine d'hommage au cours de laquelle la France va poursuivre son offensive diplomatique pour rallier les principales puissances à sa "guerre contre le terrorisme".

Depuis samedi, métros et centres commerciaux sont fermés dans une capitale belge déserte en raison d'une menace "imminente" d'attentat "tel que déroulé à Paris", selon le Premier ministre Charles Michel.

Tandis que les forces de l'ordre sont sur les dents, Salah Abdeslam, suspect-clé de l'enquête sur les attentats du 13 novembre qui ont fait 130 morts et quelque 350 blessés, est toujours en fuite. Ce Français vivant en Belgique est soupçonné d'avoir participé aux tueries de Paris, dont les victimes devraient commencer à être enterrées lundi.

Salah Abdeslam aurait quitté dès le 14 novembre la région parisienne pour la Belgique, exfiltré par deux hommes depuis inculpés par la justice belge. Selon l'avocate de l'un d'eux, durant le trajet, Salah Abdeslam semblait "extrêmement énervé" et "peut-être prêt à se faire sauter".

Un troisième suspect arrêté en Belgique a été inculpé vendredi pour terrorisme. Et un Belge d'origine marocaine - Ahmad Dahmani, 26 ans - soupçonné d'avoir participé au repérage des cibles des attentats a aussi été arrêté en Turquie.

Tournée diplomatique

Sur le plan diplomatique, François Hollande est en campagne pour convaincre les grandes puissances de participer au combat de la France pour "détruire" l'organisation jihadiste Etat islamique (EI), qui a revendiqué les attentats. Il recevra lundi à l'Elysée le Premier ministre britannique, David Cameron, avant de s'entretenir avec Barack Obama mardi à Washington, Angela Merkel mercredi à Paris puis Vladimir Poutine jeudi à Moscou.

Manuel Valls s'exprimera, lui, mardi devant le Parlement européen avant un débat mercredi avec les parlementaires français sur l'engagement militaire en Syrie. Arrivé en renfort en Méditerranée orientale, le porte-avions Charles-de-Gaulle pourra engager dès lundi ses chasseurs dans de nouvelles frappes contre l'EI.

De son côté, la Russie, également visée par l'EI qui a aussi revendiqué l'attentat à l'origine du crash d'un avion russe en Egypte fin octobre (224 morts), a intensifié comme la France ses bombardements contre l'organisation jihadiste en Syrie.

Cependant, si Paris et Moscou s'accordent à combattre l'EI, elles s'opposent sur le rôle de Bachar al-Assad, soutenu par les Russes mais qui, pour le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, "ne peut pas être l'avenir de la Syrie".

Barack Obama a confirmé dimanche sa participation à la conférence sur le climat qui s'ouvre le 30 novembre à Paris (COP21), appelant les dirigeants de tous les pays à l'imiter pour montrer que le monde n'a pas peur des "terroristes". "Nous ne succombons pas à la peur, qui constitue le principal pouvoir de ces terroristes", a lancé le président américain.

François Hollande, dont la popularité est en hausse depuis le 13 novembre, a annoncé des mesures d'exception, massivement approuvées par les Français, selon des sondages.

L'état d'urgence, décrété après les attentats et renforcé pour élargir les possibilités d'assignation à résidence et de dissolution de groupes et associations extrémistes, est en vigueur jusqu'au 26 février.

Le logeur toujours en garde à vue

La France craint toujours des répliques des attentats mais le ministre de la Défense a relativisé dimanche le risque d'une attaque chimique, évoquée par le Premier ministre. "C'est très compliqué d'utiliser l'arme chimique à partir d'un territoire sur un autre", a nuancé Jean-Yves Le Drian pour qui "toutes les précautions sont prises".

Outre la traque de Salah Abdeslam, les enquêteurs tentent d'éclaircir les éventuelles complicités dont peuvent avoir bénéficié les tueurs. La garde à vue de Jawad Bendaoud, qui avait fourni un appartement à Saint-Denis, aux portes de Paris, à Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des attaques jihadistes, a été prolongée dimanche de manière exceptionnelle, pour 24 heures. Elle ne pourra aller au-delà de mardi.

Le rôle d'Abaaoud, un des jihadistes francophones les plus connus, mort dans l'assaut policier de mercredi à Saint-Denis, se précise. Les empreintes de ce Belgo-Marocain ont été retrouvées sur une kalachnikov dans la voiture des tueurs des terrasses de bars et restaurants parisiens, dont il a pu faire partie.

En revanche, un homme qui s'est fait exploser lors de l'assaut à Saint-Denis n'a toujours pas été identifié, et son ADN est inconnu de la police française.

Les enquêteurs ont par ailleurs découvert que deux kamikazes du Stade de France avaient suivi le chemin des réfugiés pour venir en Europe, tous deux contrôlés début octobre en Grèce avec des passeports syriens, ce qui risque de raviver le débat sur les conditions de maintien de la libre-circulation dans l'espace Schengen.

Cette semaine, la France, traumatisée, va rendre hommage à ses morts. Les premiers devraient être enterrés dès lundi, avant un hommage national aux Invalides vendredi.

L'indemnisation définitive des victimes risque de prendre des mois, voire des années, et coûtera sans doute plusieurs centaines de millions d'euros.

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