ALGÉRIE
19/11/2015 10h:16 CET | Actualisé 19/11/2015 10h:16 CET

Turquie: Erdogan appelle à un front uni des pays musulmans contre l'EI

AFP

Le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan a appelé jeudi tous les pays musulmans à présenter un front uni contre le groupe Etat islamique (EI), dont il a rendu le président syrien Bachar al-Assad responsable de la montée en puissance.

"Je condamne sans réserve les terroristes qui croient en la même religion que moi et j'appelle tous les dirigeants des pays musulmans à mettre en place un front uni", a déclaré M. Erdogan dans un discours prononcé à Istanbul lors d'un forum sur l'énergie.

"Si nous ne le faisons pas, ceux qui ont frappé à Ankara frapperont ailleurs, comme ils l'ont fait à Paris", a-t-il ajouté.

"Ils vont frapper à d'autres portes, alors il faut que le monde entier coopère pour adopter une position qui empêchera cela de se reproduire", a poursuivi le chef de l'Etat, "si la montée du fanatisme en Europe n'est pas stoppée, de nouvelles calamités surviendront".

La Turquie a longtemps été accusée d'être complaisante, voire d'aider, les groupes rebelles radicaux qui combattent le régime de Damas.

Sous la pression de ses alliés et après une série d'attentats attribués aux jihadistes sur son sol, elle a opéré l'été dernier un revirement et rejoint la coalition internationale antijihadiste qui bombarde le groupe Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak.

Virulent adversaire de M. Assad, M. Erdogan l'a accusé d'être le principal fauteur de trouble de la région.

"La principale raison de la crise humanitaire et de la montée du terrorisme dans la région aujourd'hui est Assad, qui a tué 380.000 de ses citoyens. Assad est un terroriste d'Etat", a lancé le chef de l'Etat turc.

"Daech (acronyme arabe de l'EI) est soutenu par Assad, il lui achète son pétrole", a-t-il insisté, "il faut être aveugle pour ne pas le voir".

Les grandes puissances mondiales se sont accordées la semaine dernière à Vienne sur un calendrier de transition politique en Syrie mais s'opposent toujours entre partisans d'un départ immédiat du président syrien, comme les Etats-Unis, l'Europe et les pays arabes, et ceux qui le soutiennent encore, comme la Russie et l'Iran.

Depuis l'attentat d'Ankara attribué à l'EI, qui a fait 103 morts le 10 octobre selon un nouveau bilan, la Turquie a multiplié les descentes dans les milieux jihadistes.

Son ministre des Affaires étrangères Feridun Sinirlioglu a annoncé mercredi une intensification à venir des opérations contre les jihadistes dans la portion nord du territoire syrien frontalière de la Turquie qu'ils contrôlent encore, en coopération avec les Etats-Unis.

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