MAROC
19/11/2015 05h:16 CET | Actualisé 19/11/2015 05h:17 CET

Le trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf retenu quelques heures à la gare du Nord de Paris

Le musicien Ibrahim Maalouf victime de délit de faciès à Paris
Guillaume Laurent/Flickr
Le musicien Ibrahim Maalouf victime de délit de faciès à Paris

CONTRÔLE - "Surveiller oui. Empêcher les gens bien et normaux de faire leur travail, non". Les propos sont empruntés à Ibrahim Maalouf, trompettiste franco-libanais acclamé dans le monde entier au lendemain de son arrestation à la gare du Nord de Paris pour un signalement "Interpol Positif", rapporte le site d’information français Clique.tv.

Alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour Londres pour donner un concert, le trentenaire s’est vu confisquer son passeport et a été soumis à un interrogatoire. "La police n’avait aucune idée de la raison pour laquelle j’avais été fiché par Interpol. Pour eux, c’est juste mon passeport qui n’était plus utilisable et par conséquent je ne peux plus l’utiliser pour voyager", a-t-il confié lors d’une interview accordée au site.

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Contraint d’annuler sa journée de promotion au sein de la capitale britannique, Ibrahim Maalouf a ensuite été relâché et autorisé à prendre place à bord du train, alors muni de sa carte d’identité. C’est sans compter trois agents de la douane qui lui ont demandé de descendre: "j’ai refusé et nous avons eu une explication musclée car je n’avais rien à me reprocher. En fait, ils avaient mal pris le fait qu’un article du Parisien, publié quelques minutes plus tôt, relate ma mésaventure en disant que la douane m’avait arrêté, sur la base de ce que j’avais raconté sur mon compte Facebook personnel".

Accusé de diffamation, le musicien plaide une erreur du journaliste du quotidien régional français: "le pire, c’est que sur mon post Facebook je n’avais absolument pas écrit le mot "douane". Je n’y ai mentionné que la police". Après un échange houleux, il a finalement eu l’autorisation de rester à bord du train et d’embarquer pour Londres.

"Abus de pouvoir"

Celui qui dit comprendre "l’ambiance actuelle et le sentiment de peur qui nous habite tous" dénonce cependant un "abus de pouvoir" et déplore le "comportement" de la douane, dont les priorités sont disproportionnées: "Elle perd son temps à regarder ce qui est publié sur Facebook pour venir faire sortir un passager d’un train qui n’a rien demandé, juste sur la base d’une rumeur. Ils ont, à mon avis, bien d’autres choses à faire".

Ibrahim Maalouf s’est souvent rendu au Maroc où il s’est notamment produit au festival Gnaoua et Musiques du monde à Essaouira, en juin 2014. Il avait également répondu présent la même année lors du festival Jazzablanca, organisé en mars dans la Ville blanche.

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