MAROC
18/11/2015 09h:59 CET | Actualisé 18/11/2015 10h:00 CET

Qui est Bilal Hadfi, un des kamikazes du Stade de France d'origine marocaine?

Qui est Bilal Hadfi, un des kamikazes du Stade de France d'origine marocaine?
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Qui est Bilal Hadfi, un des kamikazes du Stade de France d'origine marocaine?

TERRORISME - On le surnomme le "baby faced" kamikaze, à cause de son visage juvénile. À 20 ans, Bilal Hadfi, jeune Bruxellois de nationalité française et d’origine marocaine, s’est fait exploser devant le Stade de France, vendredi 13 novembre au soir. Il fait partie des quatre terroristes morts qui ont pu être identifiés après les attentats de Paris ayant coûté la vie à 129 personnes.

Dix jours avant les attaques, le journal belge La Libre Belgique interviewait la mère du jeune homme, Fatima, dans un reportage sur les mères de djihadistes. Dans un article paru sur le site du journal ce mardi 17 novembre, le quotidien livre une partie de ses propos, dans lesquels elle témoigne de la radicalisation de son fils.

Etudiant en électricité, le jeune homme, qui vivait à Bruxelles "de longue date" avec sa famille, était décrit par sa mère comme "une cocotte minute qui allait exploser d’un jour à l’autre".

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Un faux voyage au Maroc

Parti en février dernier pour la Syrie, Bilal Hadfi a raconté qu’il faisait un voyage au Maroc pour se recueillir sur la tombe de son père, afin de ne pas éveiller les soupçons de sa famille. La veille de son départ, "on a dû lui donner quelque chose pour gérer car il n’était pas dans son état normal", raconte sa mère.

"Quand il est venu à la maison, il avait les yeux rouges. Il m’a prise dans ses bras. Il savait que c’était un départ sans retour". Ce n’est que quelques jours plus tard qu’elle comprend qu’il est parti grossir les rangs de Daech en Syrie.

Sa radicalisation s’est faite très vite, "en quelques mois". Il arrête de consommer du cannabis, jeûne deux fois par semaine. Quelques jours après l’attentat contre Charlie Hebdo, en janvier dernier, il intervient violemment pendant un cours, soutenant devant sa classe et son professeur les actions des terroristes. Il est signalé à la direction de l’école. Cela n’empêche pas son départ. Pendant son séjour en Syrie, il explique à sa mère "ne pas avoir sa place en Belgique", un pays de "mécréants".

Suivi de près par la police belge, qui avait inscrit son nom sur la fiche "Syrie" de l’Organe de coordination pour l'analyse de la menace (OCAM), il a néanmoins réussi à échapper aux mailles du filet sécuritaire pour atterrir en France et se faire sauter, avec deux autres kamikazes, en plein match France-Allemagne.

Sur son profil Facebook, le jihadiste avait posté plusieurs photos de lui avec une kalachnikov, mais aussi torse nu en train de prendre le soleil, un cocktail à la main.

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