MAROC
17/11/2015 14h:04 CET | Actualisé 17/11/2015 14h:09 CET

Parité, équilibre entre les partis, langues parlées... Ce qu'il faut retenir du rapport de la HACA sur la couverture des élections

Ce qu'il faut retenir du rapport de la HACA sur la couverture des élections
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Ce qu'il faut retenir du rapport de la HACA sur la couverture des élections

ELECTIONS - Temps accordé aux partis de la majorité et de l’opposition, représentativité des femmes, langues parlées… Les principaux points du rapport de la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) consacré aux élections du 22 juillet au 3 septembre.

96 heures et 44 minutes. C’est le temps consacrée aux élections dans les médias audiovisuels publics et privés. La HACA souligne que les interventions des représentants des partis politiques participant aux élections ont représenté 8,95% du volume horaire des programmes d’informations durant cette période.

Dans le secteur public, 47 heures et 17 minutes ont été accordées aux représentants des partis. La Société nationale de radiodiffusion et de télévision (SNRT) a, à elle seule, assuré 48,71% du temps de parole consacré aux politiques. Du côté des médias privés, qui ont assuré 51,12% (49 heures et 27 minutes) du volume horaire total consacré aux représentants des partis politiques dans les médias audiovisuels, Radio Plus est leader des médias privés sur le traitement des élections avec un peu plus d'un tiers (34,99%) du volume total de traitement des élections, chaînes de télévision et radios confondues.

Majorité vs. Opposition: qui prend le dessus?

La HACA dresse une liste des partis politiques ayant participé aux élections selon trois catégories: les parties politiques de la majorité parlementaire (11), les partis de l’opposition (5) et les partis non représentés au parlement (13). Concernant le temps de parole accordé, les partis de la majorité sont favoris avec près de 43 heures accordées, talonnés par les partis de l’opposition avec un peu moins de 34 heures et des partis non représentés au parlement à hauteur de 18 heures et 45 minutes.

Temps de parole accordé selon le type de partis

Si les médias publics ont accordé plus de temps de parole aux partis de la majorité, le bilan télés et radios privées est plutôt équilibré. Ils ont ainsi consacré 40,35% de temps d’écoute aux partis de la majorité et 39,23% aux partis de l’opposition.

L'Istiqlal sur tous les fronts

Avec respectivement 10,56%, 10,42% et 10,12% de temps accordé sur la durée totale accordée aux élections, le Parti de l’Istiqlal (PI), le Parti justice et développement (PJD) et le Parti authenticité et modernité (PAM) sont les formations politiques les plus présentes dans les médias.

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La formation politique non représentée au parlement qui a bénéficié du plus de temps de parole est la Fédération de la gauche démocratique (FGD) avec 4,98% du temps accordé aux représentants des partis. un chiffre qui pourrait s’expliquer par le fait que la fédération regroupe trois partis. Mais aussi par la popularité de ses principales figures. D'autres partis comme ceux de l’Espoir, du Travail et de la Réforme et du développement ont bénéficié de moins d’une heure de parole pendant la période de couverture des élections.

Le temps de parole accordé réparti entre les partis

Et les femmes dans tout ça?

Sur les 468 intervenants lors de cette période, 105 seulement sont des femmes (22,44%). Ces représentantes de partis politiques ont assuré 18 heures 30 minutes de temps de parole, ce qui représente 19,15% des interventions globales tous médias confondus. Al Aoula est la chaîne publique qui a accordé le plus de temps aux femmes en réalisant 47,87% des interventions féminines. Du côté du privé, Radio Plus est leader avec près de 58% des interventions des femmes politiques.

Temps de parole accordé par sexe

L’arabe est la première langue de débats. Le français à la traîne

Les débats et interventions en langue arabe et darija ont représenté plus de 70% du volume horaire global consacré aux élections. Viennent ensuite la langue amazighe avec 16,73% puis le français à hauteur de 12,74%. La prédominance de la langue arabe s’explique par "le cahier de charges imposé à la chaîne nationale Al Aoula", selon un responsable au sein de la SNRT. Le fait que la langue amazighe "dans ses trois expressions différentes" prend de l’avance sur la langue française est dû à "l’existence d’Al Amazighia, une chaîne dont 70% des programmes sont en langue amazighe".

Qui sont les principaux invités à ces émissions? 37,05% des programmes ont fait appel à des professeurs universitaires et des experts contre 22,61% qui n'ont invité que des hommes politiques. Le milieu associatif est représenté à hauteur de 10,64% des intervenants. Les citoyens ont eux aussi un temps de parole qui est estimé à 12,48% du total des interventions. Le sujet le plus évoqué sur les plateaux de télévision durant la période électorale se rapporte aux lois encadrant les élections auquel a été consacré pas moins de 47,52% du total des interventions.

Temps de parole accordé par langues

Ce que recommande la HACA en période d’élections

Publié le 20 juillet dernier, un communiqué relevant du Conseil supérieur de la communication audiovisuelle a fixé les règles de couverture des élections communales et régionales. Ce document insiste sur les "principes de la neutralité, d’honnêteté, d’objectivité, d’équilibre et de pluralisme" dans une période où les médias devraient permettre à l’ensemble des partis élus d’avoir leur mot à dire.

La période des élections est scindée en deux phases pour les supports audiovisuels. "Une première partie pré-électorale où des quotas de temps sont établis : 60% du temps de parole est accordé aux partis de la majorité parlementaire, 30% aux partis de l’opposition et 10% aux syndicats et aux petits partis non représentés au parlement", détaille le responsable de la SNRT.

Un procédé qui n'est plus d'actualité une fois la période de la campagne électorale entamée (15 jours avant la date des élections). "Les partis sont répartis différemment durant cette phase: ils sont partagés entre les formations qui ont des groupes parlementaires, ceux qui sont représentés au parlement mais qui n’ont pas de groupe parlementaire et enfin ceux qui ne sont pas représentés au parlement", précise notre interlocuteur: "Un tirage au sort est alors effectué pour que les interventions et spots des partis soient réparties selon un planning équilibré".

Que se passe-t-il si un support ne respecte pas les règles édictées par la HACA? "La chaîne ou antenne de radio reçoit un premier avertissement, puis un deuxième. Si une troisième manquement est constaté, la Haute autorité peut émettre une sanction pécuniaire", répond le responsable de la SNRT. "Il n’y a, cela dit, pas de texte précis régissant les sanctions dans ces cas", conclut notre source.

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