ALGÉRIE
17/11/2015 03h:04 CET | Actualisé 17/11/2015 03h:05 CET

Attentats: le "huitième" jihadiste traqué, Kerry à Paris, la France bombarde à nouveau le fief de l'EI à Raqa

AFP

La traque d'un suspect-clé, possible huitième auteur des attentats de Paris et l'identification des deux derniers kamikazes se poursuit mardi, quatre jours après les pires attentats jamais commis en France, à qui le secrétaire d'Etat John Kerry vient apporter le soutien des Etats-Unis. L'aviation française a de nouveau bombardé le fief du groupe Etat islamique (EI) à Raqa, dans le nord de la Syrie, dans la nuit de lundi à mardi, détruisant un centre de commandement et un centre d'entraînement.

Le président François Hollande a promis de "détruire" l'organisation jihadiste État islamique (EI) qui a revendiqué les attentats, qu'il a qualifié de "terrorisme de guerre".

"Les actes de guerre de vendredi ont été décidés et planifiés en Syrie, préparés et organisés en Belgique, perpétrés sur notre sol avec des complicités françaises", a affirmé lundi le chef de l'Etat devant le Congrès réuni à Versailles.

Mardi matin, la Syrie sera au coeur des entretiens entre François Hollande et John Kerry, alors que les deux pays ont renforcé leur coopération militaire, notamment en termes d'échanges de renseignements pour les dernières frappes françaises à Raqa.

L'enquête sur les tueries, qui ont fait vendredi 129 morts et 352 blessés près du Stade de France, dans la salle du Bataclan et dans plusieurs bars et restaurants de la capitale, a permis l'identification de cinq des sept kamikazes.

Il s'agit de quatre Français: Samy Amimour (28 ans), Omar Ismaïl Mostefaï (29 ans), Bilal Hadfi (20 ans) et Brahim Abdeslam (31 ans).

Le cinquième jihadiste était muni d'un passeport syrien dont l'authenticité "reste à vérifier", au nom d'Ahmad Al Mohammad, 25 ans, un migrant dont les empreintes concordent avec "celles relevées lors d'un contrôle en Grèce en octobre", selon la justice française.

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Suspect "exfiltré" par des complices

Les enquêteurs ont aussi dans leur viseur un jihadiste belge qui vivrait en Syrie, Abdelhamid Abaaoud, dont ils n'excluent pas qu'il soit "l'inspirateur" des attaques.

L'enquête s'est accélérée, notamment du côté des ramifications belges. Deux suspects ont été inculpés lundi à Bruxelles pour "attentat terroriste", mais une vaste opération policière dans le quartier populaire bruxellois de Molenbeek n'a pas permis d'appréhender un suspect-clé des attaques, Salah Abdeslam, toujours traqué et visé par un mandat d'arrêt international.

Ce dernier, 26 ans, a loué une Polo noire immatriculée en Belgique retrouvée garée devant le Bataclan, où 89 personnes ont péri. Les enquêteurs pensent qu'il a formé avec son frère Brahim, qui s'est fait sauter boulevard Voltaire, l'équipe qui a criblé de balles les terrasses de restaurants, avant d'être exfiltré après avoir appelé des complices en Belgique.

Samedi matin une voiture avait été contrôlée par des gendarmes français non loin de la frontière belge. A son bord, les deux hommes inculpés lundi en Belgique et un troisième muni des papiers d'identité de Salah Abdeslam. Ils avaient pu poursuivre leur route, n'étant pas encore recherchés.

Selon les enquêteurs, Salah Abdeslam a côtoyé Abdelhamid Abaaoud, jihadiste belge de 28 ans, qui vivrait en Syrie, membre très actif de l'EI soupçonné d'être le commanditaire d'attentats projetés en Belgique par une cellule jihadiste et recherché depuis janvier.

Outre Amimour, parti il y a deux ans en Syrie d'où son père avait vainement tenté de le ramener, Mostefaï, fiché pour radicalisation depuis 2010, y a très vraisemblablement séjourné entre 2013 et 2014. Hadfi y est aussi allé, selon une source proche de l'enquête.

La France a bombardé dimanche le fief de l'EI à Raqa, dans le nord de la Syrie. Elle poursuivra "ces frappes au cours des semaines à venir", selon François Hollande, qui souhaite "unir" l'action des forces françaises avec celles de la Russie et des Etats-Unis contre l'EI.

Le porte-avion Charles-de-Gaulle, avec 26 chasseurs à bord, va appareiller jeudi pour la Méditerranée orientale pour permettre à la France d'"intensifier" ses actions, comme l'a promis François Hollande.

"Nous vaincrons Daech et tous ceux qui partagent son idéologie méprisable (...). Nous les combattrons ensemble, et nous vaincrons", a déclaré à la presse John Kerry, peu après son arrivée dans la capitale française lundi soir.

John Kerry avait exprimé avec force et émotion samedi, en français, la solidarité de Washington à l'égard de son "plus vieil allié" meurtri par des "actes abominables et maléfiques".

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Nouveau bombardement le fief de l'EI à Raqa

L'aviation française a de nouveau bombardé le fief du groupe Etat islamique (EI) à Raqa, dans le nord de la Syrie, dans la nuit de lundi à mardi, détruisant un centre de commandement et un centre d'entraînement, a annoncé le ministère français de la Défense.

"L'armée française a conduit pour la seconde fois en l'espace de 24 heures un raid aérien contre Daech (acronyme de l'EI en arabe) à Raqa en Syrie", a indiqué le ministère dans un communiqué.

Le raid, effectué à 00H30 GMT (01H30 heure française), était "constitué de dix avions de chasse - Rafale et Mirage 2000 - qui ont été engagés à partir des Emirats arabes unis et de la Jordanie" et ont largué 16 bombes, une mission d'un format comparable à celle de dimanche soir.

"Les deux objectifs ont été frappés et détruits simultanément", précise le communiqué. "Conduit en coordination avec les forces américaines, le raid visait des sites identifiés lors de missions de reconnaissance préalablement réalisées par la France". L'aviation française intervient depuis septembre en Syrie contre l'EI.

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