ALGÉRIE
17/11/2015 08h:53 CET | Actualisé 17/11/2015 08h:53 CET

Ghardaïa: le secteur agricole confronté à la rareté de la main d'oeuvre

DR

En plein essor, le secteur de l’agriculture dans la wilaya de Ghardaïa est en bute aujourd’hui à un sérieux problème de rareté de la main d’oeuvre, a-t-on constaté dans les différents périmètres agricoles et autres palmeraies de la wilaya.

De nombreux agriculteurs marqués par l’âge éprouvent de sérieuses difficultés à trouver une main d'oeuvre pour escalader et accomplir plusieurs tâches sur la cime du palmier, allant des traitements phytosanitaires à la coupe des palmes sèches, en passant par l’arrachage du "Lif" et des restes des hampes florales.

Les phoeniciculteurs de Ghardaïa craignent donc de ne pouvoir récolter toute leur production de dattes, ou d'être incapables de la livrer à temps, par rareté d’une main d’oeuvre jeune.

"Nos jeunes ne veulent pas travailler la terre", a confié amèrement à l’APS Hadj Kada, un septuagénaire qui continue à travailler dans une palmeraie de Métlili, ajoutant que "les régimes de dattes de l’année dernière dépérissent sur les palmiers".

La main-d’oeuvre agricole vieillit globalement, a fait savoir de son coté le directeur des services agricoles (DSA).

La moyenne d'âge des agriculteurs à Ghardaïa dépasse largement les 60 ans, et c'est dans la tranche d'âge des 60- 90 ans qu'on compte la plus grande part de l'effectif de travailleurs de la terre à Métlili, a précisé Ali Bendjoudi.

Les jeunes prêts à exercer les métiers de la terre sont de plus en plus rares, a abondé, dans le même sens, Ishak, un agriculteur d’El-Atteuf, qui soutient que le travail de la terre, particulièrement la culture du palmier dattier, est reconnu comme étant "un métier harassant et dangereux, nécessitant une robustesse et un savoir faire".

Même constat établi par un universitaire à Ghardaïa pour qui "la main-d’oeuvre est de plus en plus vieillissante et les jeunes sont moins nombreux à choisir les métiers agricoles".

L’agriculture repose dans plusieurs cas à Ghardaïa sur de petites exploitations familiales, dont les travaux agricoles sont essentiellement manuels (défrichage, semi, épandage d’engrais, récolte, séchage, etc.) et effectués par les membres de la famille.

De nombreux agriculteurs éprouvent des difficultés à trouver une main d'oeuvre suffisante pendant la campagne agricole. Une "pénurie" de main-d’oeuvre agricole présentée comme étant un "problème crucial, un frein important à la production", par de nombreux observateurs.

Cette pénurie de la main-d’oeuvre agricole résulte de la conjugaison des effets de nombreux facteurs notamment, la faible rémunération du travail agricole, la pénibilité du travail agricole et l’absence de formation, ainsi que le désintéressement, a estimé Abdelkader, un sociologue de la région.

Contraints, les agriculteurs de Ghardaïa comptent actuellement sur les immigrants clandestins pour combler le manque de la main d’oeuvre agricole locale, constate-t-on.

Ces immigrants subsahariens sont dans une large majorité, une main-d’oeuvre qui n’est pas techniquement formée à la réalisation de travaux agricoles, particulièrement la cueillette de dattes.

Le vieillissement de la population active dans l’agriculture et la pénurie de la main d’oeuvre jeune constituent l'un des nombreux facteurs pouvant compromettre la filière phoenicicole dans la région.

Une récolte de près de 570.000 quintaux de dattes, toutes variétés confondues, est attendue dans la wilaya de Ghardaïa, au titre de la campagne de cueillette de la saison agricole 2015, qui est à un stade avancé, selon la direction des services agricoles (DSA).

Cette production prévisionnelle concerne une récolte de plus de 224.000 qx de dattes de variété supérieure Deglet-Nour, avec un rendement moyen estimé à 49 qx/ha, et 346.000 QX de variété Ghers et analogues, avec un rendement moyen de 53 qx/ha , a déclaré à l’APS le responsable de la cellule du plan de développement agricole à la DSA , Khaled Djebrit.

La wilaya de Ghardaïa compte près de 1.300.000 palmiers, dont 1.110.000 productifs avec 125 espèces de dattes, fines et moelleuses, telles que azarza, Ghers, Timdjouhart, Bent-Aqbala et Deglet-Nour, a-t-on fait savoir à la DSA.

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.


Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.