MAGHREB
16/11/2015 10h:42 CET | Actualisé 16/11/2015 15h:03 CET

Tunisie: Héla Lamine expose "The Unsecret life of SAMANTHA.C", après avoir espionné la vie d'une jeune américaine sur Facebook

Facebook / Samantha C

La démarche artistique de Héla Lamine, artiste plasticienne est pour le moins insolite!

Dans "The unsecret life of SAMANTHA.C" (La vie non-secrète de Samantha.C), la jeune femme a espionné la vie d'une jeune américaine du nom de Samantha.C via son profil Facebook. Son projet est exposé dans la galerie AGorgi depuis dimanche.

Héla Lamine explique au HuffPost Tunisie sa démarche, indiquant avoir procédé par étapes: "Au tout début du projet, je ne savais pas où ça allait me mener, ni comment ça allait évoluer". Par une collecte de photos personnelles, de captures d'écrans mais également de géolocalisation, l'artiste a cherché à exploiter les informations en sa possession dans une "recherche plastique expérimentale".

Héla Lamine est par la suite entrée en contact avec Samantha.C en lui envoyant un message lui expliquant qu'elle avait utilisé les données disponibles sur son compte Facebook pour "en faire un projet artistique longuement réfléchi, qui a pour sujet principal la libre circulation des données personnelles sur les réseaux, et ce, en prenant l’exemple de ton profil..."

L'artiste plasticienne a ensuite créé un nouveau profil Facebook d'une nouvelle Samantha.C totalement fictive, qui regroupe ses propositions graphiques.

Réaction de Samantha? "J'ai eu beaucoup de chance, après l'avoir contactée par message, je lui ai proposée de lui expliquer mon projet par Skype. Ça lui a plu et elle n'a pas émis d'objection quant à la diffusion de notre conférence Skype sans flouter son visage", explique Héla Lamine.

Un projet qui interroge l'identité virtuelle

Héla Lamine revient sur ce qu'elle considère comme étant une sorte de "hacking artistique". Pour elle, le choix de Samantha.C est dû au hasard, "ça aurait pu être n'importe quelle autre personne". Avoir "espionné" cette jeune fille n'est qu'un procédé utilisé pour poser différentes questions sur l'identité virtuelle sur les réseaux sociaux, explique-t-elle.

"Garder l'anonymat de Samantha.C était à mon sens important, je ne devais entrer en contact avec elle qu'a la fin du projet pour ne pas me laisser influencer par les publications qu'elle aurait pu poster sur son profil Facebook", dit Héla Lamine.

Dans un extrait de son livre collaboratif "un livre se situant entre le catalogue d’exposition, le roman graphique et le livre d’artiste (travail collaboratif entre cinq intervenants), pensé et traité comme une pièce à part entière de l’exposition", elle s'interroge sur le degré de conscience des internautes quant à la publication de données personnelles que "nous n’hésitons pas à partager avec le reste du monde. Que sommes-nous devenus avec les réseaux sociaux? Quelle "image" renvoyons-nous à l’autre? Pouvons-nous manipuler l’autre en contrôlant le flux d’informations que nous décidons de partager avec lui?"

Dans "the Un-secret life of Samantha C" l'artiste interroge ainsi ce concept d'identité virtuelle devenue aujourd'hui central dans un monde toujours connecté et où les données personnelles peuvent être facilement accessibles, notamment à travers les réseaux sociaux.

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