ALGÉRIE
16/11/2015 08h:28 CET | Actualisé 16/11/2015 08h:44 CET

Sid Ahmed Serri, une icône de la musique andalouse au parcours exceptionnel

Il a consacré plus de 50 ans de sa vie à la musique classique algérienne. Professeur et interprète, Sid Ahmed Serri s'est éteint dimanche 15 novembre à Alger à l'âge de 89 ans après une vie dédiée à la musique andalouse.

L'artiste, une icône et une référence de la musique algérienne raffinée selon un message de condoléances adressé par le président de la République Abdelaziz Bouteflika à la famille du défunt, est né le 2 novembre 1926 à la Casbah d'Alger. Premier artiste lyrique à recevoir les insignes de l'Ordre du Mérite National en 1992, il éprouve dès son enfance une passion pour la musique andalouse.

sid ahmed serri


Après des passages aux mausolées de Sidi Abderrahmane Ethaalibi à la Casbah et de Sidi M'hamed à Belcourt où il apprend les techniques de récitation du Coran, Sid Ahmed Serri reçoit ensuite une formation solide dans la musique andalouse classique, en adhérant à l'association d'El Djazaïria où il intègre les cours dispensés alors par le chanteur et musicien Abderrezak Fakhardji, se distinguant parmi les meilleurs élèves.

Il poursuit sa formation académique entre 1946 et 1947, parallèlement au chant, au conservatoire d'Alger sous la direction du professeur Mohamed Fakhardji. Les studios de la radio lui ouvrent leurs portes à partir de 1948, au sein de la troupe "El Sanaa", pour se faire connaître du grand public.

Outre l'interprétation, la composition et la formation de jeunes talents, l'artiste active dans les années 1980, au sein de l'Association algérienne El-Maoussilia, en organisant plusieurs soirées, sous le slogan "le printemps de la musique algérienne".

Sid Ahmed Serri s'est ensuite consacré, dans les années 1990, à l'enregistrement du répertoire de la musique andalouse algérienne pour la préserver, d'autant que l'apprentissage de cette musique était resté pendant longtemps dans l'oralité. En 2000, il enregistre un coffret de CD du style "aroubi" et un recueil de noubates Andalouses, rassemblées dans près de 45 disques.

Il a formé plusieurs artistes et musiciens dont Zerrouk Mokdad et Zakia Kara.

Une passion et un dévouement unanimement salués

Des musiciens et des interprètes de la chanson andalouse ainsi que le ministre de la Culture rendent hommage à Sid Ahmed Serri. De nombreux acteurs ont salué son parcours artistique tout entier voué à la promotion et à la sauvegarde de la musique classique algérienne.

Le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, a écrit dans un message de condoléances que l'Algérie et la famille artistique avaient perdu "un grand nom de la culture, un doyen et un repère" qui aura laissé derrière lui un riche patrimoine, devenu une "référence de la musique andalouse".

De leur côté, des présidents ou membres d'associations, amis ou anciens élèves du défunt témoignent de la "passion" que vouait l'artiste à la musique andalouse ainsi que de son "travail de formation et de transmission" entrepris en 1952, année de son passage au statut d'enseignant.

Brahim Behloul, président de l'association El Djazira, parle d'un homme de "foi et de conviction" qui a consacré sa vie à la chanson andalouse, alors que Youcef Oueznadji, à la tête des Rossignols d'Alger, évoque le dévouement du formateur à ses élèves.

Le président de l'association Nassim Essabah de Cherchell, Mustapha Belanguer, rappelle de son côté le travail de préservation entrepris par le défunt à travers son ouvrage "Recueil des poèmes des noubates de la musique Sanâa", édité en 1997 par l'Entreprise Nationale des Arts Graphiques (ENAG), avant d'être complété et réédité en 2002 puis en 2006.

Le chanteur andalou Noureddine Saoudi évoque pour sa part un "jour triste pour la culture algérienne" tout en saluant la "rigueur professionnelle" de l'artiste et formateur qui s' était investi dans un travail de transmission auquel il tenait par-dessus tout.

Le président du Conseil national des arts et des lettres (Cnal), Abdelkader Bendamache pleure quant à lui la disparition de l' "un des pionniers de la musique andalouse" qui aura légué "un riche patrimoine" à la culture algérienne.

Le président du Cnal, ami du défunt, qualifie le chanteur et professeur de musique andalouse Sid Ahmed Serri d' "artiste généreux", et considère que ses oeuvres, toutes enregistrées, constituent "un legs inestimable au patrimoine musical algérien".

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.


Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.