16/11/2015 12h:44 CET | Actualisé 16/11/2015 14h:30 CET

Les recommandations des MEDays 2015 pour une Afrique émergente et stable (VIDÉO)

AFRIQUE - La 8ème édition du Forum international MEDays 2015 s'est clôturée samedi avec l’adoption de la 8ème Déclaration de Tanger. Une déclaration délivrée par le président de l’Institut Amadeus, Brahim Fassi Fihri, au lendemain des attentats meurtriers perpétrés à Paris.

"A la lumière des attaques horribles qui ont eu lieu à Paris et à Beyrouth, j'aimerais exprimer en notre nom à tous, notre solidarité profonde avec la France et le Liban ainsi qu’avec ceux qui ont été touchés par la barbarie", a-t-il déclaré, ajoutant que "notre civilisation est en péril et la solution passe par une mobilisation collective et permanente jusqu’à ce que la bête soit abattue".

Cette année encore, le Forum du Sud a délivré son lot de recommandations pour promouvoir l’émergence africaine et favoriser la sécurité et la stabilité dans le monde au terme de quatre jours de débats.

En finir avec les frontières économiques

A l’occasion d’un panel réunissant de nombreux experts autour du thème "Afrique émergente: Croire en cette dernière frontière de croissance?", Brahim Benjelloun Touimi, Directeur Général de BMCE Bank of Africa a souligné l’importance du renforcement de la mobilité des ressources et plaidé pour l’émergence de groupement économiques régionaux afin de favoriser l’intégration économique du continent. "L’Afrique est-elle la nouvelle frontière de croissance? Oui, à condition qu’il n’y est qu’une seule frontière économique", a souligné Brahim Benjelloun Touimi au HuffPost Maroc, appelant ainsi à une harmonisation des législations et des régulations sur le continent.

Soutenant l’idée d’intégration économique régionale, la 8ème déclaration de Tanger a notamment appelé à la signature d’accords de libre-échange entre les pays d’Afrique du Nord, en particulier le Maroc avec l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC) et la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), soutenant également le lancement de "l’espace Nord-Ouest africain".

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Des enjeux sécuritaires

Crise au Mali, en Libye, en Syrie ou encore au Burundi, les enjeux sécuritaires ont également tenu une place de choix dans les débats. A ce titre, l’approche "novatrice" du Maroc a été particulièrement mise en avant par Youssef Amrani, chargé de mission au Cabinet royal. "Les solutions militaires ne suffisent plus, il faut de l’accompagnement", a-t-il martelé évoquant notamment le cas de la Libye. "Le Maroc a abrité l'ensemble des pourparlers des différentes factions libyennes pour arriver à former un gouvernement d'union nationale, ce qui n'est pas facile. Il fallait donc faire beaucoup de gymnastique diplomatique pour mettre les parties d'accord sur un projet", a rappelé Youssef Amrani.

Présent à cette occasion, Jean-David Levitte, conseiller diplomatique et sherpa de Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy, a du essuyer de nombreux reproches sur l’intervention française en Libye. "Nous étions face à une urgence humanitaire", s’est-il défendu ajoutant que la France avait appris de ses erreurs en Libye lors de la gestion de la crise malienne.

Une réponse multidimensionnelle à l'insécurité au Sahel

"Les défis de l’instabilité sont également des défis liés à l’incapacité des Etats à satisfaire les citoyens en terme d’éducation, de santé, de justice. Ce sont également des problèmes de démocratie, il faut aussi qu’on le reconnaisse. Il faut vraiment apporter une réponse multidimensionnelle aux questions de paix et de sécurité au Sahel pour résoudre les problèmes aujourd’hui et créer les conditions pour que ces problèmes ne soient pas répétitifs", a tenu a rappelé pour sa part l’ancien Premier ministre du Mali, Moussa Mara.

A noter également, que le déclaration finale délivré par le Président de l’Institut Amadeus a appelé l’Europe à ne pas reculer face à ses responsabilités et à poursuivre sa lutte contre l’extrémisme et le terrorisme. Un document qui souligne également la nécessité de mettre en œuvre au Sahel un mécanisme de consultation et d’échange d’informations, ainsi qu’un mécanisme d’alerte précoce pour lutter efficacement contre la porosité des frontières et contre les trafics en tout genre.

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