ALGÉRIE
16/11/2015 05h:35 CET

Le G20 cherche des réponses au terrorisme et un engagement pour le climat

Vladimir Poutin et Barack Obama se sont isolés du reste des dirigeants du monde pour un aparté de 35 minutes
ASSOCIATED PRESS
Vladimir Poutin et Barack Obama se sont isolés du reste des dirigeants du monde pour un aparté de 35 minutes

Les chefs d'Etat des pays les plus puissants du monde doivent concrétiser lundi au G20 les promesses d'une réponse "forte" aux attentats de Paris, mais aussi surmonter leurs difficultés à s'accorder sur le climat.

Le sommet réuni depuis dimanche dans la station balnéaire d'Antalya (sud de la Turquie), transformée en camp retranché protégé par 12.000 policiers, va s'achever en milieu de journée.

Les attentats de vendredi à Paris ont imprimé leur sceau macabre tout en haut de la feuille de route des leaders des 20 plus grandes puissances du monde, qui ont observé samedi une minute de silence et multiplié les déclarations d'empathie avec la France et de fermeté contre le terrorisme.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a promis une réponse "très forte, très dure" des pays du G20. A l'instar de ce qu'ils ont fait pour l'épidémie d'Ebola lors du sommet de 2014 en Australie, les leaders vont publier un communiqué séparé sur le fléau terroriste.

Le brouillon de ce texte consulté par l'AFP ne mentionne pas le groupe Etat islamique, qui a revendiqué les attentats de Paris, mais parle des terroristes au sens large. Ce texte appelle notamment les membres du G20 à renforcer leur coopération pour limiter la liberté de circulation des terroristes, à lutter contre la propagande sur internet et à accroître la traque financière du terrorisme.

"Il nous faut agir ensemble pour faire en sorte que les mailles du filet, qui sont un peu larges aujourd'hui, rétrécissent au point qu'à l'avenir on puisse repérer beaucoup plus" de financement du terrorisme qu'aujourd'hui, a déclaré dimanche soir le ministre français des Finances Michel Sapin.

"Un plan d'action, cela ne se fait pas dans le cadre d'un G20", instance économique, a prévenu dimanche soir le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius pour expliquer pourquoi le G20 ne prenait pas des mesures plus spectaculaires.

- 'La vraie actualité' -

Mais le sommet d'Antalya aura malgré tout permis une avancée majeure sur le cas de la Syrie, où prolifèrent les jihadistes de l'EI. "La vraie actualité, c'est ce qui se passe en coulisse, pas dans les débats en session; c'est la rencontre Obama-Poutine qui tombent d'accord pour la première fois sur le besoin d'une transition politique", a estimé à Antalya Tristen Naylor, de l'University of Oxford.

Dimanche, à la surprise générale, Vladimir Poutin et Barack Obama se sont isolés du reste des dirigeants du monde pour un aparté de 35 minutes dont les images ont été diffusées par la télévision turque.

Cette réunion entre deux poids lourds mondiaux, qui entretiennent notoirement de mauvaises relations, a alimenté les espoirs d'une percée dans les pourparlers sur le règlement de la guerre en Syrie.

Les deux hommes ont endossé les avancées diplomatiques obtenues samedi à Vienne par les acteurs du dossier, s'accordant sur la nécessité d'une transition politique en Syrie, selon leurs entourages.

Les divergences subsistent toutefois sur le sort de Bachar al-Assad, soutenu fidèlement par Moscou et l'Iran, et que les Occidentaux et les pays arabes veulent voir quitter le pouvoir.

- Nuit blanche sur le climat -

Dans l'ambiance de concorde de ce G20, le désaccord le plus notable a porté dimanche sur le climat, un signal inquiétant à quelques semaines de la COP21 de Paris.

Les conseillers des leaders n'avaient pas réussi avant la rencontre à accoucher d'un projet de texte ambitieux et avaient proposé à leurs patrons le service minimum dans leur brouillon du communiqué final.

"Il a été décidé qu'il fallait retravailler, et ils sont en train de passer la nuit pour refaire un texte qui doit montrer clairement que les pays du G20 sont engagés" a déclaré dimanche soir M. Fabius.

La version avancée initialement par les conseillers se placait à un "niveau de très grande généralité", a déploré M. Sapin qui s'est dit frappé par la "méconnaissance" du sujet de certains des participants. Enfin, le G20 devrait mettre la touche finale au plan de l'OCDE de lutte contre l'optimisation fiscale, marquant une étape importante dans le combat des Etats pour recouvrer l'impôt auprès des grandes multinationales.

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