MAGHREB
16/11/2015 08h:16 CET | Actualisé 18/11/2015 09h:28 CET

Tunisie: Démission des directeurs des chaînes de télévisions Watania 1 et Watania 2

Haica

Rien ne va plus à la télévision nationale. Deux démissions des directeurs des deux chaînes publiques Watania 1 et Watania 2 ont été déposées ce lundi.

Iheb Chaouech directeur de la Watania 1 et Chadya Khedhir directrice de la Watania 2 se sont présentés aujourd'hui à la Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle (HAICA) pour présenter leur démission commune au conseil de l'instance.

Dans le texte de la lettre de démission ils ont précisé que leur décision a été prise suite au limogeage du directeur de la télévision nationale Mustapha Ben Letaeif par le chef de gouvernement le 15 novembre 2015 et la nomination de Rached Younes à la direction des affaires de celle-ci, sans la consultation de la HAICA.

Ils y dénoncent clairement ces procédures non conformes au décret loi 116-2015 et qui obstruent tout processus de réforme du secteur de la communication de manière générale, et celle des médias publics en particulier. Les démissionaires précisent que l'intervention du gouvernement dans les nominations des responsables altère de manière directe et indirecte la liberté d'expression.

Le gouvernement tunisien avait annoncé dimanche le licenciement du directeur général de la télévision nationale, Mustapha Ben Letaeif, au lendemain de la diffusion d'images par une chaîne officielle de la tête d'un jeune berger décapité par des jihadistes.

La direction de la télévision avait admis samedi avoir commis "une bourde professionnelle", avec la diffusion lors du bulletin d'informations, d'images portant atteinte "la dignité humaine". Elle en a accusé le chef de la rédaction du journal télévisé qu'elle a démis par la suite.

Le président de la HAICA, Nouri Lajmi, s'est également prononcé sur le limogeage du directeur de la télévision nationale. Il a exprimé à la fois son étonnement et son regret de constater que l'instance n'ait pas été consultée alors qu'elle entendait sanctionner le responsable de l'erreur qui avait été commise. Il a aussi jugé la décision du chef du gouvernement hâtée et sévère et annoncé que le conseil de l'instance se réunira bientôt pour discuter de ce sujet.

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