ALGÉRIE
15/11/2015 09h:40 CET | Actualisé 15/11/2015 09h:40 CET

Attentats de Paris: Trois équipes, des liens avec la Syrie, une enquête franco-belge

Un raid de la police belge dans le quartier de Molenbeek à Bruxelles, en lien avec les attentats de Paris le 14 novembre 2015
AFP
Un raid de la police belge dans le quartier de Molenbeek à Bruxelles, en lien avec les attentats de Paris le 14 novembre 2015

L'enquête sur les attentats de Paris vendredi, qui ont fait 129 morts selon un bilan provisoire, se déroule entre la France et la Belgique. Avec la guerre en Syrie comme toile de fond.

Comment se sont organisées les trois équipes? Les attaques ont-elles en partie été fomentées en Belgique?

Les enquêteurs travaillent sur l'hypothèse de trois équipes

La première à frapper a été celle des kamikazes aux abords du Stade de France où le premier s'est fait sauter à 21H20, alors que le match était en cours. Les deux autres déclenchent leur ceinture explosive à 21H30 et 21H53. Les informations de la presse américaine selon laquelle l'un d'eux aurait été en possession d'un billet ne sont étayées par aucun élément en l'état, selon des sources proches de l'enquête. Reste à savoir pourquoi l'opération a été déclenchée à ce moment, pendant le match, alors que les abords du Stade étaient quasi déserts. Des explosions après la rencontre, alors que la foule sortait du stade, auraient pu faire un carnage. Le premier kamikaze s'est-il fait exploser parce qu'il avait été repéré?

La deuxième équipe est celle de la salle de concert du Bataclan, où elle est entrée vers 21H40. Parmi eux, un Français de 29 ans, originaire de l'Essonne, Omar Ismaïl Mostefaï. Trois assaillants y sont morts après l'assaut des forces de l'ordre.

Selon une source proche du dossier, la troisième équipe a sans doute mené les trois fusillades qui ont semé la mort dans des bars et restaurants du centre de Paris à 21H25, 21H32 et 21H36, en tirant plusieurs centaines de coups de feu. Un kamikaze s'est fait sauter à 21H40 boulevard Voltaire. Question: cette équipe de tireurs est-elle composée des trois hommes arrêtés samedi en Belgique qui devraient rapidement être l'objet de mandats d'arrêt européens? Jusqu'à une réponse affirmative à cette question, l'hypothèse d'assaillants dans la nature ne peut être exclue.

La connexion syrienne

Les jihadistes partis en Syrie sont depuis 2012 la principale crainte des services antiterroristes. La France et la Belgique sont parmi les pays européens les plus concernés par ce phénomène.

Objet d'une fiche S de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) en 2010, mais passé sous les radars depuis, Mostefaï a très vraisemblablement séjourné en Syrie en 2014. En est-il revenu avec des instructions? En avril 2014, c'était vraisemblablement le cas d'un autre jihadiste français, Ibrahim Boudina, interpellé avant un possible projet d'attentat sur la Côte d'Azur.

Quid des autres auteurs présumés des attaques? A-t-on affaire à un commando de vétérans du jihad dans les zones irako-syriennes? Au Bataclan, les kamikazes ont évoqué l'Irak et la Syrie.

Les enquêteurs restent prudents sur le passeport syrien retrouvé au Stade de France. Le nom y figurant est inconnu des services antiterroristes français. Et une source proche de l'enquête reste prudente sur cette piste, affirmant qu'il restait à établir que le détenteur du passeport était bien un des kamikazes.

Les autorités grecques ont affirmé que des renseignements avaient été demandés pour deux Syriens qu'elles ont enregistrés comme réfugiés le 3 octobre. Ce chiffre de deux n'est pas confirmé par des sources proche de l'enquête, les policiers ayant un seul nom, affirme une source proche du dossier.

Quelles complicités?

Les auteurs des attaques bénéficiaient d'armes, dont des kalachnikovs retrouvées dimanche dans une voiture Seat à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Il y a forcément un artificier impliqué, celui qui a confectionné les ceintures d'explosifs. Figure-t-il dans les morts? Des spécialistes, qui ne participent toutefois pas à l'enquête, en doutent.

L'enquête s'attachera aussi aux moyens financiers dont disposait le commando.

Enfin les commanditaires. Les attaques ont été revendiquées par l'Etat islamique (EI) qui n'a jamais assumé d'actions terroristes dont elle n'est pas à l'origine. Dans la plupart des actes terroristes récents ou des projets (Charlie Hebdo, Ghlam, le patron du Rhône décapité, récent projet d'attaque de militaires à Toulon...), il y a trace d'échanges entre les auteurs et des interlocuteurs francophones en Syrie.

Cette enquête sur les complicités ne trouvera sans doute pas sa réponse dans les gardes à vue en cours de personnes de l'entourage de Mostefaï, qui semblait en rupture avec au moins une partie de sa famille.

La coopération entre les services européens

C'est sans doute un des grands points faibles de l'antiterrorisme européen, et il semble avoir été bien identifié par l'EI qui a récemment appelé ses militants en Europe à frapper des pays voisins du leur, où ils sont moins susceptibles d'être connus et repérés.

L'enquête sur le carnage évité dans le Thalys a montré des faiblesses dans ces échanges d'informations entre services. Il est encore trop tôt pour savoir si cela a été le cas pour les auteurs des attentats de vendredi. Mais la question sera posée.

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