MAGHREB
15/11/2015 13h:16 CET

Tunisie: Le directeur de la télévision nationale limogé

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Le gouvernement tunisien a annoncé dimanche le licenciement du directeur général de la télévision nationale, Mustapha Ben Letaeif, au lendemain de la diffusion d'images par une chaîne officielle de la tête d'un jeune berger décapité par des jihadistes.

"Le Premier ministre Habib Essid a décidé de nommer Rached Younes à la direction des affaires de la télévision nationale, succédant à Moustapha Ben Letaeif", a annoncé le gouvernement dans un communiqué, sans mentionner de raison précise.

Le syndicat national des journalistes tunisiens a condamné samedi dans un communiqué "la diffusion, au cours du bulletin d'informations de 13H00 (12H00 GMT) de la première chaîne nationale, de l'image de la tête coupée du garçon dans un réfrigérateur (conservée par sa famille en attendant les services de sécurité) ".

Vendredi, des jihadistes ont décapité un jeune berger de 16 ans dans la province tunisienne de Sidi Bouzid (centre-ouest), avant de remettre sa tête à son cousin pour qu'il la rapporte à sa famille, selon une source de sécurité.

L'attaque n'a pas été revendiquée.

"Il est clair que ce programme (de la télévision nationale tunisienne) et sa ligne éditoriale ne sont pas à la hauteur du développement qu'a connu le secteur des médias concernant la manière de traiter l'information relative au terrorisme", affirme le syndicat, engageant la chaîne à "prendre ses responsabilités après cette faute professionnelle grave".

Le syndicat a appelé "tous les journalistes à la vigilance pour respecter les règles éthiques nécessaires à la pratique de la profession"

La direction de la télévision a admis samedi avoir commis "une bourde professionnelle", avec la diffusion lors du bulletin d'informations, d'images portant atteinte "la dignité humaine". Elle en a accusé le chef de la rédaction du journal télévisé qu'elle a démis par la suite.

La Tunisie fait face depuis la révolte de 2011 à une recrudescence des attaques jihadistes sur son territoire, la plupart revendiquées par des mouvements liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui ont coûté la vie à des dizaines de militaires, policiers et gendarmes.

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