13/11/2015 08h:19 CET | Actualisé 13/11/2015 15h:02 CET

Casablanca: Un (petit) budget pour réhabiliter le patrimoine architectural de la ville

Le patrimoine architectural de Casablanca bientôt réhabilité
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Le patrimoine architectural de Casablanca bientôt réhabilité

PATRIMOINE - C'est un petit pas pour la sauvegarde du patrimoine architectural de Casablanca. Le budget de la ville pour l’année 2016, voté jeudi par une écrasante majorité lors des travaux de la session extraordinaire de novembre, consacre une enveloppe de 5 millions de dirhams à la société de développement locale (SDL) Casa Patrimoine pour la réhabilitation et la mise à niveau des bâtiments historiques de la ville blanche.

Cette SDL devra entre autres suivre le dossier d'inscription de Casablanca au patrimoine mondial de l’Unesco, poursuivre son étude sur le recensement, la classification et la valorisation des biens immobiliers communaux ou encore entreprendre des travaux de réhabilitation de plusieurs monuments de la ville.

Cette politique de sauvegarde du patrimoine architectural de Casablanca est réclamée depuis plusieurs années par les associations de défense du patrimoine (principalement Casa Mémoire) qui dénoncent depuis plusieurs années la perte de l'héritage architectural de la métropole économique.

Reste à savoir comment mener à bien ce chantier avec un tel budget, quand on sait, à titre d'exemple, que la rénovation de l’ancien siège de la Société générale, bâtiment historique du boulevard Mohammed V, a coûté à elle seule 60 millions de dirhams...

Pour l’architecte Rachid Andaloussi, président de l’association Casa Mémoire qui s’active depuis plusieurs années à promouvoir et sauvegarder le patrimoine architectural du 20e siècle de la ville blanche, "la mise en place d’une politique pour le patrimoine est en soi une avancée, même si le budget qui lui a été consacré peut sembler insuffisant" confie-t-il au HuffPost Maroc.

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"Il faut mener une réflexion globale sur le centre ville de Casablanca pour trouver la bonne politique à mener pour réhabiliter le patrimoine, trouver des mécanismes et formules adaptées ou encore chercher des exemples dans d’autres pays", embraye l’architecte Driss Kettani, membre d'Architectes non Anonymes, une association qui s'intéresse à la place de l'architecture dans la société.

Les éléments de réflexion sont là, souligne Rachid Andaloussi: "Un travail de réflexion a déjà été mené par Casa mémoire. Nous avons aussi une stratégie et une vision. Cela doit faire l’objet d’un débat au niveau local (Commune, ndlr)".

Et l’architecte de rappeler: "Casa Mémoire s’active depuis plusieurs années à faire classer cette cité Patrimoine mondial par l’Unesco". L’inscription d’un large périmètre de Casablanca, incluant l’ancienne médina mais aussi la ville du 20e siècle, serait même "en bonne voie".

En attendant, la réhabilitation du patrimoine a d’ores et déjà démarré au niveau local. L'agence urbaine de la ville avait publié fin octobre 2015 un appel à manifestation d'intérêt pour la réalisation du projet de rénovation et de réaménagement de l'hôtel Lincoln, classé monument historique national et laissé en ruines depuis des années.

Véritable laboratoire art-déco, Casablanca avait accueilli à l'époque du protectorat français de nombreux architectes avec à leur tête Henri Prost, à l'origine du premier plan d'urbanisme de la ville.

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