MAGHREB
13/11/2015 12h:51 CET

Tunisie: Entre le manque d'infrastructures et le manque de suivi, beaucoup d'élèves quittent les bancs des écoles

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L'abandon scolaire est un point essentiel de l'étude menée par le Forum Tunisien pour les Droits Économiques et Sociaux, l'Observatoire National de la jeunesse et le Forum des Sciences Sociales. Les chercheurs se sont concentrés sur les raisons de l'abandon scolaire et ses taux.

Basés sur l'opinion des parents et des familles d'élèves, les résultats ont montré que 44% des élèves quittent l'école après avoir redoublé tandis que 29,9% à cause de problèmes familiaux.

L'abandon scolaire diffère d'une région à l'autre car il est lié à plusieurs facteurs tels que: le manque de soutien de la part du cadre éducatif, le modèle de société, le bagage culturel et linguistique familial… Mais les facteurs les plus influents demeurent le travail des mineurs et le mariage précoce.

Le gouvernorat de Kasserine est en tête du classement en matière d'abandon scolaire. Au niveau de l'école primaire, on comptabilise un taux d'abandon de 36,4%. Quant au niveau secondaire, c'est Kebili et Sidi Bouzid qui sont en haut du classement, avec respectivement 66,7% et 55,2%. Ceci prouve la lien existant entre le phénomène d'abandon scolaire, le développement régional et la justice sociale.

L'accès à l'enseignement préscolaire a beaucoup évolué depuis 2002. Le nombre d'élèves inscrits est passé de 7667 à 45351 en 2012.

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L'éducation préscolaire est répartie entre les classes préparatoires publiques et privées: 57% dans le secteur public, 30,8% dans le secteur privé et 12% dans les écoles coraniques. Les lacunes essentielles figurent dans l'absence de révision du programme des classes préparatoires, le nombre insuffisant de formations pour les éducateurs ainsi que le manque d'équipements et d'infrastructures adéquats. Tout ceci est expliqué par le manque de ressources financières allouées par l'État.

Un manque d'infrastructures

En 2009, "la direction des activités culturelles, sociales et sportives" a été supprimée faisant chuter considérablement le nombre de ses activités au sein des établissements scolaires. Il a été noté qu'il y avait peu de coordination avec les associations et les clubs sportifs ou les municipalités pour exploiter les espaces disponibles et n'appartenant pas aux établissements éducatifs.

En plus du manque de laboratoires scientifiques, la plupart des établissements n'ont pas de salles de révision laissant les élèves livrés à eux-mêmes face à la rue et aux risques de délinquance.

Un manque de suivi

Plus de la moitié des parents d'élèves interrogés durant l'enquête trouvent que les services médicaux administrés à l'école sont insuffisants, mais aussi que les écoles ne disposent pas d'infirmeries, et qu'en cas de soucis ils sont contactés trop tard.

90,9% des établissements sont dépourvus d'assistants sociaux, de psychologues ou de sociologues. Même dans ceux qui en disposent, 67,1% des élèves déclarent ne jamais avoir reçu d'assistance. Les cas sociaux ne sont ni encadrés ni suivis au sein de l'école.

Il existe aussi un manque au niveau de la participation aux activités sociales et aux clubs, de telle sorte que 88% des élèves ne pratiquent pas des activités extra-scolaires et 81% ne trouvent pas d'intérêt à participer aux élections du chef de classe.

La violence reste de mise dans les établissement éducatifs en Tunisie, la violence verbale ainsi que la violence physique sont les punitions les plus communes. Certains cas peuvent dégénérer et les parents sont pour la plupart consentants face à la sévérité de ces pratiques.

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