13/11/2015 04h:04 CET | Actualisé 13/11/2015 04h:12 CET

E-commerce et prix cassés: Le Maroc à l'heure du "Black Friday"

E-commerce et prix cassés: Le Maroc à l'heure du "Black Friday"
E-commerce et prix cassés: Le Maroc à l'heure du "Black Friday"

CONSO – Dans l’agenda des plus gros consommateurs américains, le 27 novembre est marqué d’une pierre blanche. Chaque année, au lendemain de la fête de Thanksgiving, les magasins et grands distributeurs organisent des "super soldes" pendant vingt-quatre heures. Objectif: attirer les clients en leur offrant tous types de produits à prix cassés. Le concept, qui commence à s’exporter outre-Atlantique, a séduit la plateforme de e-commerce Jumia, qui fait le pari de lancer l’opération au Maroc. Bastien Moreau, PDG de Jumia Maroc, livre les détails de l’événement et sa vision du e-commerce dans le royaume.

HuffPost Maroc: Vous lancez, le 27 novembre prochain, le "Black Friday", un concept importé des Etats-Unis de vente "top chrono" de produits à prix cassés. Quels produits seront proposés au Maroc?

Bastien Moreau: Pour l’opération "Black Friday", nous travaillons avec les marques et les distributeurs qui vendent habituellement sur le site Jumia. Nous sommes allés les voir en leur disant que c’était le moment de faire exploser leurs ventes mais il faut, pour cela, proposer des deals jamais vus. C’est un jour où les prix sont déconnectés de la réalité. Il y aura des smartphones à -50% (seulement 300 seront disponibles), des télés à 100 dirhams, des Playstations 4 à 1.999 dirhams (au lieu de 4.300 dirhams), des réductions de 60% sur des bottines… En clair, dans toutes les catégories de produits, il y aura des offres jamais vues sur des quantités limitées. Et le premier venu sera le premier servi.

Qu’allez-vous gagner avec ce genre d’opération?

Nous allons d’abord gagner en notoriété. Ce genre d’événement nous permet de montrer ce que l’on sait faire et d’acquérir massivement de nouveaux clients. Nous voulons montrer aux consommateurs marocains que l’on est capables de créer un énorme événement commercial. C’est un concept américain, mais nous voulons que cela devienne aussi un concept marocain. Ce que l’on a également à y gagner, c’est le renforcement de notre relation avec les marques, en leur donnant une grande visibilité, puisqu’il y aura un nombre important de visiteurs sur le site et notre application cette journée-là. Nous travaillons avec des marques marocaines comme Accent ou Maison des Dunes, mais aussi étrangères comme Microsoft, Tefal, Stevens… Plus de 150 partenaires participeront à cet événement.

Le groupe Jumia a connu une forte croissance ces dernières années, mais aussi des pertes de revenus importantes. Avez-vous, au Maroc, atteint votre seuil de rentabilité?

Non, nous n’avons pas atteint notre seuil de rentabilité. Nous savons que cela prend du temps pour être rentable. Mais en termes d’efficacité financière, on commence à grossir et à avoir des prix fixes qui deviennent de plus en plus petits par rapport à nos revenus. Nous avons une assez grosse masse salariale (un peu plus de 200 personnes) et on continuera à recruter, mais peu. On perd moins d’argent qu’il y a un an, et on a désormais des taux de croissance à deux chiffres tous les mois (entre 10 et 30%). Nous serons certainement 8 à 10 fois plus gros dans deux ans en termes de revenus.

Que faites-vous pour attirer le consommateur marocain?

Au Maroc, on voit que le consommateur marocain aime bien pouvoir regarder les produits et comparer les prix. C’est quelque chose qui est très facile à faire sur Internet. On essaie alors de faciliter le premier achat. Par exemple, le consommateur n’êtes pas obligé de faire de pré-paiement, il peut être livré, regarder le produit, et payer en cash à la livraison. On essaie de simplifier la première expérience de e-commerce pour construire la confiance et recruter à terme des nouveaux clients.

Quels sont aujourd’hui les "best-sellers" sur Jumia?

Nous sommes aujourd’hui forts sur le marché des smartphones. Nous avions déjà organisé un événement comme le Black Friday au mois de juin mais pendant une semaine et seulement sur la téléphonie. On se développe bien aussi dans les catégories beauté, chaussures, et télévision, et on essaie actuellement de développer le sport et l’électroménager.

Depuis que Groupon Maroc a mis la clé sous la porte, des rumeurs ont circulé sur la fermeture possible d’autres sites de e-commerce. Quel impact cela a-t-il eu sur votre activité?

Le seul impact qu’on a vu, c’est que certains partenaires et distributeurs ont pris peur pendant quelques jours, et se posaient la question de savoir si le e-commerce ne marchait plus au Maroc. On a essayé de les rassurer. En effet, le marché du e-commerce évolue vers une demande un peu différente. Quand cela a commencé il y a environ cinq ans, le e-commerce, c’était surtout des deals, sur le modèle de Groupon, qui changent toutes les semaines. Aujourd’hui, le consommateur marocain a envie d’avoir un choix énorme au meilleur prix et plus seulement des deals sur un nombre restreint de produits. C’est peut-être pour cela que Groupon a décidé de se désengager. Dans un marché où le taux de pénétration internet est de 60% et téléphonique de 120%, le e-commerce a encore de beaux jours devant lui au Maroc.

Galerie photo La folie du Black Friday Voyez les images

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