ALGÉRIE
12/11/2015 05h:19 CET | Actualisé 12/11/2015 05h:51 CET

Les 19 sont devenus 16, Zohra Drif: "l'Algérie traverse un moment dangereux" (VIDÉO)

Les dix-neuf ne sont plus que 16. Trois des signataires de la lettre des 19 demandant une audience au président Bouteflika qui provoque l'émoi général chez les partis du pouvoir, FLN et RND, ont décidé de s'en retirer. Ils ont annoncé mercredi 11 novembre "ne plus faire partie de cette initiative", a rapporté hier l'agence de presse officielle APS.

Il s'agit de Zahira Yahi, Samia Zennadi et Rachid Hadj Nacer. Ces derniers ont annoncé leur retrait du "G 19" dans un communiqué transmis à l'APS, à travers lequel ils "admettent avoir manifesté une certaine naïveté politique et de la précipitation".

Les trois désormais ex-membres signataires désormais du "G 19" ont estimé que "les événements ont pris une tournure qui ne [leur] ressemble pas", évoquant des "joutes verbales" et des "déclarations impulsives et partisanes".

Une conjoncture à laquelle les trois ex-membres de ce groupe "ne souhaitent pas être associés". "Ce pourquoi, nous ne pouvons plus appartenir à cette initiative", expliquent-ils.

Zahira Yahi, Samia Zennadi et Rachid Hadj Nacer ont indiqué voir signé la lettre adressée au Président de la république de "[leur] propre chef", ayant été affecté par "cette initiative citoyenne" menée par des personnalités historiques", à l'image de Mustapha Fettal, Abdelkader guerroudj et Zohra Drif.

Ils affirment ainsi "ne pas avoir été influencés ou soumis à une pression", reconnaissant tout de même avoir fait preuve d'une "certaine naïveté politique et de la précipitation".

"Je fais cela pour l'Algérie"

Les trois personnes qui se sont retirées ne sont pas les plus connues par les Algériens. Leur départ ne semble pas avoir perturbé, Zohra Drif, moudjahida, une des icônes de la "bataille d'Alger" qui était l'invitée du plateau de 19H Info de la chaîne Echorouk TV.

Zohra Drif, qui fait partie des signataires les plus connus de la lettre, a estimé que le retrait de Zehira Yahi, Samia Zennadi et Rachid Hadj Nacer "ne porte aucun coup à la démarche" du groupe des 19.

"Nous avons respecté la liberté des uns et des autres. Le texte a été approuvé par l'ensemble des signataires, a-t-elle déclaré. Si certains veulent revenir dessus, c'est leur droit", a fait savoir Zohra Drif.

L'initiative n'est pas "du tout affaiblie" par ces trois retraits, a-t-elle indiqué, en révélant que le G19 reçoit "des centaines d'appels de personnalités désirant signer le texte et suivre cette démarche."

Zohra Drif a répondu à l'interpellation du politologue et journaliste Abed Charef, qui a lui a été transmis au cours de l'émission. Abed Charef disait qu'il aimait Zohra Drif, "sa montagne, l'Ouarsenis et ses couffins qui transportaient la liberté" mais a estimé qu'elle n'avait "rien à faire dans cette galère" et qu'elle devait "rester au-dessus". "Vous ne devez être ni pour ni contre le président, juste pour l'Algérie".

Une interpellation qui a donné le moment le plus intense de l’émission : Zohra Drif a répondu qu'elle faisait "justement cela pour l'Algérie".

"Il ne s'agit pas d'une démarche personnelle. J'exprime les inquiétudes que je vis concernant le présent et l'avenir de mon pays. J'estime qu'il est de mon devoir, en qualité d'ancienne moudjahida, de rester fidèle au serment que nous avons fait en 1954 et à la mémoire des frères et soeurs aux côtés desquels j'ai combattu, et de ne pas me taire". "J'ai la conviction que l'Algérie traverse un moment dangereux", a-t-elle conclu.

Mme Zohra Drif a défendu par ailleurs le droit du général à la retraite, Hocine Benhadid, emprisonné depuis le 30 septembre 2015 à la suite de son intervention sur Radio M, à défendre son point de vue de citoyen algérien et d'exprimer ses inquiétudes.

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