MAROC
12/11/2015 06h:46 CET

Cairokee, l'emblème musical de la révolution égyptienne, se produit à Rabat (INTERVIEW)

Cairokee: "Les gens sont plus ouverts d'esprit depuis le Printemps arabe"
Cairokee
Cairokee: "Les gens sont plus ouverts d'esprit depuis le Printemps arabe"

MUSIQUE - Depuis 2003, le groupe Cairokee (contraction de Caire et karaoké) est l’un des emblèmes de la scène alternative égyptienne. S’ils ont commencé leur carrière en reprenant des tubes internationaux et des classiques arabes un peu partout en Egypte, les 5 membres du groupe décident par la suite d'écrire leurs propres textes. Depuis, quatre albums sont sortis, le groupe ayant accéléré son rythme de production depuis l'avènement du Printemps arabe, thème récurrent dans ses chansons.

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Célébrité, inspirations et révolution. Ahmed El-Alfy, membre fondateur du groupe et bassiste nous révèle l’esprit du groupe égyptien le plus en vue de la scène alternative égyptienne, quelques heures avant son concert au festival Visa for Music, le 11 novembre à Rabat.

HuffPost Maroc: Visa for Music se veut un tremplin pour les artistes de l'Afrique et du Moyen-Orient. Quelles sont vos attentes par rapport à votre participation à cette deuxième édition?

Ahmed El-Alfy: Pour nous, c’est surtout l’occasion de rencontrer notre public marocain. Nous avons déjà fait plusieurs concerts dans les autres pays du Maghreb, mais nous n’avons aucune idée sur notre popularité au Maroc. C’est aussi un territoire auquel nous nous intéressons, nous souhaitons être plus présents au royaume désormais.

Quel accueil vous réserve-t-on dans le monde arabe?

Tout dépend du pays. Par exemple, en Egypte ou en Jordanie, où nous nous sommes beaucoup produits et où nous jouissons d’une présence médiatique, nous sommes plutôt populaires. En Tunisie et en Algérie, on commence à nous connaitre. Il y a toujours un public important à nos concerts et nous apprécions l’accueil qu’on nous réserve. Les gens qui viennent nous voir nous suivent de près et apprécient notre musique.

Est-ce qu’un groupe arabe peut avoir une notoriété internationale?

Bien sûr. Depuis l’ère d’Internet, les frontières sont obsolètes. Aujourd’hui, nous savons que nous avons des fans de par le monde. Et un artiste arabe peut être populaire aux quatre coins du globe sans aucun problème, sa notoriété n’est plus restreinte à une échelle régionale. Comme nous écoutons des groupes américains depuis le monde arabe, des amoureux de la musique arabe aux Etats-Unis se rendent sur les réseaux sociaux et les plateformes musicales pour écouter la scène arabe.

Quels sont vos thèmes de prédilection?

Notre musique comporte un message. Nous sommes un groupe qui s’intéresse à la vie de tous les jours, à la société. Nous parlons tout aussi bien de l’amour que de la religion et de la politique. Nous souhaitons dépeindre un instantané du monde arabe et de l’Egypte en particulier dont nous sommes originaires.

Le printemps arabe a-t-il constitué un tournant dans votre carrière?

Rien n’a changé dans notre musique depuis que nous avons commencé à jouer en 2003, mais les gens perçoivent notre création de manière différente. Ils sont plus ouverts d’esprit et ont des attentes différentes. Le public ne veut plus que des chansons d’amour comme avant, il s’ouvre à plusieurs thématiques sociétales et est plus réceptif à la musique de la nouvelle scène arabe.

A la musique résolument occidentale que vous composez se superposent des textes en arabe. Comment a été concocté ce melting-pot musical ?

Pour nous c’était évident. Nous écoutons beaucoup de musique occidentale comme Pink Floyd, The Beatles et Bob Marley dont nous sommes très fans, mais aussi des classiques arabes: Mekkaoui, Esmahan, Abdelhalim Hafez et Mohamed Mounir. Donc quand nous nous sommes réunis pour composer de la musique et écrire, notre inspiration a naturellement découlé de ce que nous écoutons, et ça a donné ce mélange alternatif entre occidental et oriental.

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