ALGÉRIE
11/11/2015 07h:38 CET | Actualisé 11/11/2015 09h:44 CET

Pavé dans la mare sur les surfacturations: Bakhti Belaïb tente de rattraper la bourde des 30%

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Après avoir jeté un pavé dans la mare et suscité de vives réactions chez la presse notamment, le ministre du Commerce Bakhti Belaïb est revenu sur ses déclarations à la Radio Chaîne III à propos de la surfacturation dans les importations. Dans un entretien accordé au site TSA, cet responsable a reculé et tenté de rectifier son tir, apportant des précisions à ses dires.

Invité ce dimanche 8 novembre 2015 de la rédaction de la Chaîne III, Bekhti Belaïb a laissé entendre que le transfert illicite de capitaux par le biais de la surfacturation sur les importations représente un taux de 30% du montant total des importations algériennes, qui se sont chiffrées à 58.8 milliards USD en 2014. Selon ses propos, le transfert illicite de devises à travers la surfacturation a atteint près 18 milliards de dollars.

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Des chiffres "insensés et irréalistes", s'est-il rattrapé à TSA. M. Belaïb, rejetant les montants de transferts illicites se situant "entre 18 et 20 milliards de dollars", a expliqué que le taux de 30% est "en réalité la une moyenne de surfacturation de la part de certains importateurs fraudeurs."

Autrement dit, en cas de surfacturations, elles se situent en moyenne à 30% par rapport à la valeur de la facture concernée. Certaines opérations de surfacturations atteignent " 200%, voire 300% dans certains cas", a-t-il rajouté, précisant que "tous les importateurs ne sont pas des fraudeurs".

Dans ce cas, Bekhti Belaïb ne fournit tout de même pas le montant des transferts illicites issus des surfacturations en 2014.

"L'affaire des 26 milliards"

Une attitude qui en rappelle une autre. Celle de l'ancien Premier ministre Abdelhamid Brahimi, "avait procédé de la même manière pour sortir l'affaire des 26 milliards", a comparé ce mardi 10 novembre le journaliste Abed Charef dans le Quotidien d'Oran.

"Toutefois, de ce qu'a dit le ministre [Bakhti Belaïb, ndlr], c'est surtout la partie concernant l'évasion de devises qui retient l'attention, tant elle rappelle l'affaire des 26 milliards de dollars", fait remarqué M. Charef.

Abdelhamid Brahimi, Premier ministre sous Chadli de (1984 à 1988) avait repris des estimations selon lesquelles les commissions sur le Commerce extérieur de l'Algérie représentaient 20% des importations. Il a alors chiffré ces commissions à 26 milliards de dollars, qui représentent bien 20% des importations algériennes, estimées à 130 milliards de dollars depuis l'indépendance.

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