MAGHREB
10/11/2015 12h:46 CET | Actualisé 10/11/2015 12h:51 CET

Tunisie: Entre interaction spontanée et exploration du passé, la pérennité de Dream City est (une fois de plus) assurée

Instagram/ Mahuuus

La 5ème édition de Dream City s'est terminée dimanche dernier, venant clore quatre jours de frénésie, de va-et-vient incessants dans les ruelles de la Médina de Tunis.

L'aventure Dream City a commencé au café Chaouachia pour certains, au Café Granda pour d'autres, et s'est terminée aux quatre coins de la Médina, terrain de jeu privilégié de l'évènement.

Contrairement aux éditions précédentes, l'achat d'un bracelet ne limitait pas à un seul et unique parcours. Cette année, Dream City permettait aux participants, munis de leur carte, de choisir leur propre parcours pour la journée!

carte dream city

A la redécouverte des sociétés

Pour cette édition, Dream City proposait d'explorer les méandres sociétales: la redécouverte de certaines traditions comme avec Black Show qui a revisité la parade des béliers, la mise en image de la connivence des cultures avec Echos d'un passage, la découverte du quotidien des femmes pratiquant le "plus vieux métier au monde" dans la "Grande Maison".

Dream City interroge également le passé pour comprendre les métamorphoses subies dans le présent.

Du musée national de l'appareil sécuritaire de l'Etat qui reconstitue caves, chambres d'investigation et archives du ministère de l'Intérieur, à Oucham qui veut interroger "à travers plusieurs médiums le rapport entre la pratique passée des tatouages berbères endémiques et la pratique contemporaine des tatouages chez les jeunes" ou encore au Collectif Doolesha qui propose une virée, pleine d'histoires, dans les ruelles de la Médina.

"Mais c'est un peu macabre non?", interroge Jnaïna, une femme venue assister à l'évènement, avant d'ajouter "entre Dead meat moving, la prison et les tombeaux, ça manque de jovialité."

C'est certainement l'atmosphère générale qui a poussé certains artistes à illustrer de manière "macabre" la réalité.

Dream City a voulu créer un espace d'interaction spontané

Cette année la thématique "Art et lien social" s'est matérialisée dans les multiples arrêts des participants pour demander leur chemin, par les interpellations des marchands qui cherchent à comprendre la raison de cette agitation. Flâner apporte son lot de découvertes et de nouvelles connaissances.

Azza, étudiante, a déjà participé aux précédentes éditions de Dream City et la joie de pouvoir aborder des inconnus pour demander son chemin est toujours la même: "la barrière de la honte s'effondre à Dream City, on va plus facilement vers les gens et vice-versa."

Dream City a également permis à des personnes de différentes tranches d'âge de faire connaissance, le temps d'un parcours. C'est le cas de Yasmine, lycéenne qui a effectué son parcours accompagnée d'une femme ayant la quarantaine: "On s'est rencontrées pendant qu'on faisait la découverte de la Médina avec le Collectif Doolesha, on a un peu parlé et on a décidé de continuer le reste du parcours ensemble".

L'évènement aura donc réussi à rester fidèle à la thématique du "lien social".

Cependant, les espaces clos ayant accueilli plusieurs artistes n'ont pas été du goût de tout le monde.

"Je trouve dommage que les artistes n'aient pas exploité plus que ça les rues de la Médina! J'aurais apprécié voir plus de représentations à ciel ouvert, ça aurait été plus fidèle à l'esprit de Dream City", explique une participante.

Revenez plus tard, c'est complet

Très certainement victime de son succès, à plusieurs reprises les participants se sont vus refuser l'accès d'une représentation pour cause de saturation.

"Certes, on peut choisir notre propre parcours, mais on se rend compte très rapidement qu'on ne peut pas facilement accéder aux points choisis. Très souvent on doit attendre une heure dans un endroit pour pouvoir entrer, c'est du temps perdu", dit Aisha.

Le problème s'est posé pour plusieurs participants qui n'ont pas pu voir grand chose. Dans une impasse remplie de personnes attendant depuis deux heures leur tour, une bénévole pense que "le temps de programmation des représentations a été mal géré par l'organisation et les artistes". Des gens viennent la voir pour lui demander quand est-ce que leur tour viendra, gênée elle répond "dans deux heures, et vous allez devoir rester ici pour assurer votre place."

Dream City aura tout de même réussi à confirmer sa pérennité dans l'agenda culturel du pays, "on attend la prochaine édition", termine Yasmine.

A dans deux ans.

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