MAROC
10/11/2015 05h:47 CET | Actualisé 10/11/2015 05h:47 CET

Mondial 2006: Le patron de la Fédération allemande emporté par le scandale

Mondial 2006: Le patron de la Fédération allemande emporté par le scandale
AFP
Mondial 2006: Le patron de la Fédération allemande emporté par le scandale

FOOTBALL - Le "conte d'été" vire au cauchemar: après trois semaines de polémiques, Wolfgang Niersbach, le président de la Fédération allemande de football (DFB) a annoncé lundi sa démission, emporté par le scandale autour de la Coupe du monde 2006 en Allemagne.

"Je me suis rendu compte que le temps était venu pour moi d'en prendre la responsabilité politique. La présidence (de la Fédération) ne peut pas être touchée" par ce scandale, a déclaré M. Niersbach à l'issue d'une audition au siège de la DFB, à Francfort (ouest), devant les 16 patrons des associations régionales qui composent la Fédération.

Les vice-présidents de la DFB, Reinhard Rauball et Rainer Koch, vont prendre pour l'instant sa succession, a annoncé la Fédération.

"Nous promettons (...) que dans quelques semaines, nous pourrons livrer des éléments détaillés", a déclaré dans la soirée M. Koch à la chaîne publique ARD, alors que la DFB a déjà lancé une enquête interne sur le scandale.

"J'étais là (à différentes fonctions) depuis le premier jour de la candidature pour la Coupe du monde 2006 (...) j'ai travaillé à travers les années d'une façon propre, digne de confiance et correcte", s'est défendu M. Niersbach, qui était venu s'expliquer devant la Fédération sur le scandale qui secoue depuis mi-octobre le football allemand.

A la tête de cette puissante fédération de 6,9 millions de membres dont il a gravi tous les échelons, cet ancien journaliste de 64 ans a donc fini par être emporté par le scandale de corruption présumée autour de l'attribution en 2000 à l'Allemagne de la Coupe du monde 2006, si chère au coeur des Allemands qui l'ont surnommé le "conte d'été".

LIRE AUSSI:

M. Niersbach siégeait au Comité d'organisation du Mondial 2006, présidé par Franz Beckenbauer.

Depuis le 22 octobre, à la suite des révélations de l'hebdomadaire Der Spiegel, il était dans l'oeil du cyclone. Ce jour-là, lors d'une conférence de presse improvisée, il s'était montré maladroit, livrant des explications alambiquées sur le mystérieux transfert de 6,7 millions d'euros à la Fifa lié à l'organisation de la coupe du monde en Allemagne.

Et Beckenbauer ?

Il ne s'agissait pas d'un pot-de-vin pour assurer à l'Allemagne le Mondial, avait-il dit, évoquant un montage avec les fonds personnels de l'ex-patron d'Adidas, Robert Louis-Dreyfus, couplé à l'intervention de Franz Beckenbauer pour obtenir de la commission financière de la Fifa une subvention de 170 millions d'euros.

Des propos brumeux, démentis par la Fifa et son prédécesseur, Theo Zwanziger, qui a multiplié les accusations à son encontre et contre Beckenbauer, capitaine de l'équipe championne du monde 1974 et sélectionneur de celle de 1990.

Après le départ de Niersbach, tous les regards convergent désormais vers le "Kaiser" qui, s'il a reconnu "une erreur" dans ce scandale, devra fournir de plus amples explications.

LIRE AUSSI:Le Maroc, trentième pays exportateur de footballeurs dans le monde (CARTE INTERACTIVE)

Mardi, les perquisitions menées au siège de la DFB ainsi qu'à son propre domicile avaient placé encore plus Niersbach sur la sellette. Ceux de Theo Zwanziger et l'ex-secrétaire général de la DFB, Horst Schmidt, avaient également été fouillés.

Tous sont soupçonnés de fraude fiscale aggravée, le Parquet renonçant aux poursuites pour corruption en raison des règles de prescription.

"Dans les domaines qui m'ont été assignés (...), je peux dire avec bonne conscience que je n'ai personnellement rien à me reprocher", s'est pourtant encore défendu M. Niersbach.

Une fin de carrière qu'il imaginait sans doute autrement, lui qui était pressenti pour succéder à la tête de l'UEFA à Michel Platini, empêtré lui aussi dans un scandale de gros sous avec la Fifa.

Dans la soirée, le quotidien Süddeutsche Zeitung a relancé la machine à soupçons. Citant des sources internes à la DFB, le journal évoque un document découvert lors cadre de l'enquête interne : un projet de contrat entre la Fédération et un membre de la Fifa, Jack Warner --sulfureux président de la Fédération caribéenne de football, banni fin septembre de la Fifa--, élaboré en 2000, avant la désignation de l'Allemagne.

Le contrat, dont on ne sait s'il a été signé ou non, prévoyait que la DFB fournisse "des prestations importantes" à la fédération présidée par M. Warner, selon le journal, qui ne précise si ce dernier ou sa fédération devait faire quelque chose en échange.

Niersbach n'aurait appris l'existence de ce contrat que récemment, selon le quotidien.

Galerie photo Le meilleur onze maghrébin de tous les temps Voyez les images