ALGÉRIE
10/11/2015 08h:56 CET | Actualisé 10/11/2015 09h:53 CET

Egypte: L'armée relâche le journaliste et militant Hossam Bahgat

This Dec. 7, 2011 photo, shows Hossam Bahgat in his office at the Egyptian Initiative for Personal Rights in Garden City, Cairo, Egypt. Lawyers for Bahgat, a leading Egyptian investigative journalist and human rights advocate said Monday, Nov. 9, 2015 that the Egyptian military is holding him in an undisclosed location while he faces charges of spreading “false news.” Bahgat was detained Sunday after being summoned to an intelligence building in Cairo. (AP Sarah Rafea via AP) MANDATORY
ASSOCIATED PRESS
This Dec. 7, 2011 photo, shows Hossam Bahgat in his office at the Egyptian Initiative for Personal Rights in Garden City, Cairo, Egypt. Lawyers for Bahgat, a leading Egyptian investigative journalist and human rights advocate said Monday, Nov. 9, 2015 that the Egyptian military is holding him in an undisclosed location while he faces charges of spreading “false news.” Bahgat was detained Sunday after being summoned to an intelligence building in Cairo. (AP Sarah Rafea via AP) MANDATORY

Le journaliste d'investigation et défenseur des droits de l'Homme Hossam Bahgat a été relâché mardi par l'armée égyptienne après quatre jours de détention qui ont suscité de vives réactions au niveau international notamment de l'ONU et des organisations des droits de l'homme.

"Il m'a appelé et m'a dit qu'il était sorti du bâtiment des services du renseignement militaire", où il avait été arrêté dimanche, a déclaré à l'AFP Gasser Abdel-Razek, directeur de l'Initiative égyptienne pour les droits personnels, une organisation que M. Bahgat a fondé en 2002.

Le site électronique égyptien Mada Masr pour lequel travaille Hossam Baghat précise qu'avant d'être libéré il a dû signer un document stipulant "Moi, Hossam Bahgat, journaliste à Mada Masr, déclare que je respecterai les procédures de sécurité légales quand je publierai des sujets relatifs aux Forces armées".

"Je n'ai pas été victime de violences physiques ou morales", ajoute le document. Mada Masr précise par ailleurs qu'il n'était pas encore établi si les accusations portées contre lui sont levées ou non.

Le parquet militaire avait ordonné, hier lundi, la détention de Bahgat en attendant les suites de l'enquête portant sur des accusations de diffusion de fausses nouvelles de nature à nuire à l'intérêt national et à troubler la paix publique.

caricature

Caricature de Andeel parue sur Mada Masr

Critiques

Les autorités égyptiennes faisaient face à une montée des critiques au niveau international après l'arrestation du journaliste. Outre l'Onu à travers la voix de son Secrétaire d'Etat, Ban Ki Moon, Human Rights Watch a appelé à la libération du journaliste arrêté, le 9 novembre, et placé en détention par le bureau du procureur militaire pour "fausses informations".

Human Rights Watch soulignait dans un communiqué "qu'aucun civil ne devrait faire face à des poursuites militaires" et relève que "Bahgat est poursuivi uniquement en raison de son travail en tant que journaliste".

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Lina Attalah, directrice du site égyptien Mada Masr, raconte la chronique d'un journalisme qui résiste à la répression

HRW rappelait que les directives de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples au sujet de la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples dont l'Égypte est un État partie disposent que "tribunaux militaires ne peuvent, en aucune circonstance, juger des civils".

"Il s’agit d’un moment charnière pour l'Égypte" a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. "Prolonger la détention de Hossam Bahgat ou le poursuivre devant un tribunal militaire signalerait clairement que le président al-Sissi et son gouvernement n’ont aucune intention de mettre fin à la répression de ces deux dernières années."

Des révélations gênantes

Hossam Bahgat a fondé l’organisation Initiative égyptienne pour les droits de la personne (Egyptian Initiative for Personal Rights, EIPR), qu’il a dirigée jusqu'en 2013 avant de reprendre ses activités de journaliste. En 2010, il été nommé colauréat du Prix Alison Des Forges décerné annuellement par Human Rights Watch.

Hossam Bahgat avait révélé début octobre, les "détails du procès militaire d'officiers de l'armée accusé de planifier un coup d'Etat". L'article publié sur le site indépendant Mada Masr s'appuyait sur l'acte d'accusation contre 26 officiers des forces armées accusés d'avoir projeter un coup d'Etat contre le régime avec l'aide de dirigeants des Frères Musulmans.

Le sujet avait été totalement occulté par les médias égyptiens apparemment sur injonction des autorités. L'article de Hossam Bahgat, très documenté, a été une brèche dans un silence visiblement orchestré par le gouvernement.

Outre l'acte d'accusation, l'article était basé sur des entretiens avec des parents des officiers accusés. Le plus gênant pour les autorités militaires est qu'il rapportait les dires de certains officiers affirmant avoir été torturé au cours des interrogatoires auxquels ils ont été soumis au QG des services du renseignement militaire.

Le journaliste y révélait le verdict prononcé : prison à vie pour huit officiers et deux dirigeants des Frères Musulmans jugés par contumace et de 10 à 15 ans de prison ferme pour les officiers présents.

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