MAGHREB
06/11/2015 12h:34 CET | Actualisé 09/11/2015 05h:44 CET

Agression raciste d'un étudiant congolais en Tunisie, le ministère de l'Enseignement supérieur et des associations dénoncent

AESCT

Le 1er novembre au soir un événement tragique a secoué la ville de l'Aouina dans la banlieue de Tunis. L'étudiant congolais Lionel Omgba a été victime d'une agression sauvage, dénotant une nouvelle fois d'un racisme anti-noir très présent en Tunisie.

Le ministère de l'Enseignement Supérieur s'est prononcé quatre jours après cette agression et a dénoncé, dans un communiqué publié jeudi, cette "agression sauvage", rapporte l'agence TAP.

D'après une publication de l'Association des Etudiants et Stagiaires Camerounais en Tunisie (AESCT), ce jeune homme rentrait chez lui quand il a été attaqué par quatre individus qui l'ont violemment frappé. Tuméfié au visage et souffrant de nombreuses commotions, les premiers soins lui ont vite été administrés.

L'association a par ailleurs partagé un message de prévention aux étudiants africains en Tunisie et surtout à ceux vivant à l'Aouina, où il leur est demandé de ne pas marcher seuls la nuit, de ne pas emprunter des rues peu fréquentées, et d'éviter les attroupements.

Des photos de la victime après l'agression ont largement circulé sur les réseaux sociaux. Ce grave incident a eu un écho important contrairement aux nombreux cas recensés chaque année mais peu médiatisés.

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Des associations et des organisations tunisiennes, dont le Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie (CRLDHT), le Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) et l'Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD), ont publié un communiqué qui dénonce ce genre d'agissements racistes.

Elles rappellent également que "les comportements racistes touchent également les Tunisiens à la peau noire qui subissent discriminations, commentaires humiliants et harcèlements, dans l’espace public comme sur les lieux de travail".

Les organisations signataires appellent enfin les autorités à engager des poursuites contre les coupables de crimes racistes et les membres de l'Assemblée des Représentants du Peuple à voter une loi qui "pénalise clairement le racisme et garantisse la protection des victimes de discriminations et de racisme".

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