ALGÉRIE
06/11/2015 11h:55 CET | Actualisé 07/11/2015 12h:04 CET

Hommage à l'abbé Alfred Berenguer : Un opiniâtre homme de foi et un épris de justice et de liberté

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Comment ne pas se souvenir de l'Abbé Berenguer en ce mois de Novembre? Comment rendre hommage aux révolutionnaires algériens et mais de l'Algérie sans se rappeler à son souvenir?

Ceux qui ont été présents à l'hommage qui lui a été consacré par les Editions ANEP en marge du SILA, ont été fascinés par le personnage décrit par Monseigneur Henri Tessier, ex archevêque d'Alger, et l'historien Amar Khodja.

Né de parents espagnols venus d'Andalousie, cet opiniâtre Algérien a donné, à lui seul, du fil a retordre à l'administration coloniale, raconte Monseigneur Tessier.

Habité par la justice, la fraternité et la dignité pour tous les hommes, il était naturel qu'il rallie les rangs des révolutionnaires en 1956.

Son engagement contre l'ordre colonial avait commencé d'abord par la parole, dans ses prêches et par des écrits, apprend-on. En Novembre 1954, Alfred Berenguer était curé à Remchi dans la wilaya de Tlemcen. Son engagement aux côtés des déshérités, son aide aux familles des emprisonnés politiques et des réfugiés algériens aux frontières algéro-marocaines lui a valu l'expulsion d'Algérie.

Une expulsion qui ne remet en rien l'engagement de l’Abbé devenu, entre-temps, représentant du croissant rouge algérien en Amérique Latine. Monseigneur Tessier racontera sa rencontre avec Fidel Castaro comment sa mésentente avec l’actuel président cubain Raoul, a incité Castro à lui donner Che Guevara comme interlocuteur.

C'est à Alfred Berenguer que l'on doit le soutien des pays de l'Amérique Latine à cette époque. " André Malraux, émissaire français en Amérique Latine ne connaissait pas l'Algérie et ne parlait pas espagnol. Aussi, il était très aisé à l'abbé Berenguer de déconstruire les arguments de Malraux. il passait après lui dans chaque pays et expliquait en espagnol ce qu'était le fond du problème algérien et le pourquoi de la guerre", raconte l'ancien archevêque d'Alger.

"L'abbé Berenguer a toujours considéré que l'Algérie était son seul pays. Il disait toujours que la France n'était pas l'Algérie et qu'elle ne pouvait jamais l'être ni sur le plan de la géographie, ni de l'histoire, ni de la langue, ni de la religion", a souligné Amara Khodja de son côté.

Monseigneur Tessier indiquera au passage l'engagement "d'autres hommes de foi à l'image du cardinal Duval et Monseigneur Scotto", qui ont assisté l'abbe et lui ont prêté main forte, à maintes reprises.

Après l'indépendance de l'Algérie en 1962, Brenguer est élu député à l'Assemblée constituante. En 1965, il retourne à sa paroisse de Remchi. En 1966, il publie à Alger le livre "Un curé d'Algérie en Amérique latine", en souvenir de son séjour dans la région.

on apprendra auprès des orateurs qu'il a toujours refusé toute compensation ou indemnités ou salaire. Ainsi il refusa le traitement qu'allouait le ministère des affaires religieuses aux hommes de l'église et refuse aussi d'avoir une attestation communale ou de recevoir une pension d'ancien moudjahid.

Après sa retraite en 1991, il s'installe à Tlmecen et se consacre à la prière et à l'écriture. Il publie en avril 1994 un livre autobiographique sur son parcours d'humaniste et de militant au service de l'Algérie, intitulé "En toute liberté".

L'Abbé Berenguer, celui qui a dit " je suis né en Algérie; j'ai voulu vivre ici. Ici, c'est ma terre", est mort le 14 novembre 1996 en France où il se faisait soigner. Son corps a été rapatrié et inhumé au cimetière chrétien de Tlemcen sur cette terre qu'il tant chéri et à laquelle il a tout donné.

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