ALGÉRIE
06/11/2015 03h:22 CET | Actualisé 06/11/2015 03h:37 CET

Human Rights Watch interpelle les autorités algériennes sur le cas du journaliste Hassan Bouras

capture d'écran

Les autorités algériennes devrait "relâcher le journaliste Hassan Bouras ou le traduire en justice dans un délai raisonnable, lors d’un procès équitable et public" estime l’organisation Human Rights Watch (HRW) dans un communiqué publié vendredi matin.

HRW qui publie le témoignage de la sœur du journaliste sur la manière dont s’est déroulée l’interpellation note que les "circonstances entourant la récente arrestation d’Hassan Bouras renforcent les craintes que les accusations portées contre lui sont politiquement motivées".

L’ONG souligne que le journaliste "connu pour ses critiques à l’encontre du gouvernement " est détenu depuis le 14 octobre dernier après son arrestation à son domicile dans la ville d’El Bayadh et qu'il est accusé d’"outrage à corps constitué" et d’"attentats visant à renverser le régime" et d''incitation au port d'arme contre l'Etat".

La mise en détention d’Hassan Bouras et les "accusations draconiennes portées contre lui semblent faire partie d’un effort visant à intimider les détracteurs du gouvernement" estime HRW.

"Bouras est emprisonné depuis un mois ; pourtant, on ne lui a apparemment pas encore expliqué les raison de son arrestation ni même montré aucune preuve contre lui" a déclaré Eric Goldstein, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch.

LIRE AUSSI : Hassan Bouras, journaliste et militant de la LADDH placé en détention provisoire à El Bayadh

Le communiqué cite l'avocat du journaliste, Me Noureddine Ahmine, qui relève que le juge d’instruction "n’a pas encore convoqué des témoins, ni produit aucun élément de preuve pour étayer les accusations, ou même annoncé la date du procès".

Pas de communication de preuves

Selon l'avocat, "ni le procureur, ni le juge d’instruction, n’ont informé Bouras des faits sur lesquelles sont fondées les accusations qu’ils lui ont lus". HRW demande aux autorités algériennes de révéler "promptement" à M.Bouras " toute preuve incriminante contre lui". L'ONG appelle également à l'abrogation des articles du code pénal criminalisant la diffamation des institutions de l'État.

Hassan Bouras, souligne l'ONG, est membre du conseil d'administration de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme (LADDH) pour les régions du sud de l'Algérie et fait partie du mouvement anti-gaz de schiste.

Il a été également un "contributeur régulier à la station de télévision privée al-Magharibya" note HRW en rappelant qu'il a été déjà condamné en 2003 à deux ans de prison " en vertu de l’article 146, nouvellement introduit au code pénal, qui criminalise la diffamation et l’outrage envers les corps constitués.

"Après 25 jours de détention, la Cour d'appel de Saïda a ordonné sa remise en liberté et l'a condamné à une amende". En 2008, Bouras avait été condamné à deux mois de prison et à des amendes de 40 000 dinars algériens pour "diffamation" et "outrage envers les corps constitués", suite à une plainte déposée par le maire d’El Bayadh.

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