ALGÉRIE
04/11/2015 05h:16 CET | Actualisé 04/11/2015 05h:18 CET

Labidi met au défi Hanoune de respecter sa promesse de renoncer à l'immunité: "aurait-elle peur de la justice ?"

Nadia Labidi, le jour de son départ du ministère de la culture
Capture d'écran
Nadia Labidi, le jour de son départ du ministère de la culture

Nadia Labidi, ancienne ministre de la culture, attend toujours que Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT) qui l'avait accusé de corruption, renonce de manière effective à son immunité parlementaire.

Dans un entretien publié mercredi par le Quotidien d'Oran, Nadia Labidi, a confirmé que sa plainte pour diffamation a été enregistrée mais que la dirigeante du Parti des Travailleurs n'a pas respecté sa promesse de renoncer à l'immunité.

"J'ai respecté mes engagements. J'ai dit que je déposerai plainte pour diffamation et je l'ai fait. J'en ai assumé les conséquences. Je suis redevenue une citoyenne ordinaire. Pour sa part, Mme Louisa Hanoune n'a pas, jusqu'à présent, respecté sa promesse de renoncer à son immunité parlementaire. Aurait-elle peur de la justice ?" s'est demandée l'ancienne ministre.

Louisa Hanoune s’était déclarée prête à une levée de son immunité parlementaire tout en s’en remettant au président de l’Assemblée populaire nationale et au ministre de la justice.

Dans un entretien à TSA, elle avait indiqué avoir "saisi par écrit Mr le président de l’Assemblée populaire nationale et Mr le ministre de la Justice pour les informer que j’abandonne l’immunité parlementaire et qu’ils peuvent entamer les démarches normalement dans ce sens. J’attends leurs réponses."

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La Constitution algérienne accorde l'immunité parlementaire aux députés pendant la durée de leur mandat. "Ils ne peuvent faire l’objet de poursuites, d’arrestation, ou en général de toute action civile ou pénale ou pression, en raison des opinions qu’ils ont exprimées, des propos qu’ils ont tenus ou des votes qu’ils ont émis dans l’exercice de leur mandat".

Sauf cas de "renonciation expresse"

En vertu de l'article 110, les poursuites ne peuvent être engagées contre un député ou un membre du Conseil de la Nation, pour crime ou délit, "que sur renonciation expresse de l’intéressé ou sur autorisation, selon le cas, de l’Assemblée Populaire Nationale ou du Conseil de la Nation, qui décide à la majorité de ses membres la levée de son immunité".

Nadia Labidi se fonde apparemment sur cette possibilité de "renonciation expresse" à l’immunité prévue par l’article 110 pour accuser Hanoune de ne pas tenir sa "promesse".

Pour rappel, Louisa Hanoune et des députés du PT ont accusé Nadia Labidi d’être en situation de conflit d’intérêt en permettant le "financement public" d'un projet de film devant être réalisé par une société appartenant à un proche parent. Louisa Hanoune a accusé de son côté Nadia Labidi de se comporter en "délinquante" et d’agir en "violations des règles de l'Etat et des us et coutumes".

Labidi a indiqué qu'elle avait été entendue par un juge d'instruction. "J'ai confirmé ma plainte et chacun des points la constituant" a-t-elle déclaré en expliquant que sa démarche la concerne à titre personnel mais également la dépasse.

"Nul n'a le droit de s'ériger à la place de la justice, comme le fait Mme Hanoune, à la fois en procureur, en juge et en tribunal" a déclaré Labidi qui estime défendre aussi bien sa propre dignité que celle des citoyens.

"La liberté de parole est un acquis précieux de notre démocratie naissante. Mais elle ne signifie pas la liberté de diffamer. Il ne faut pas que ceux qui agissent ainsi aient un sentiment d'impunité" a-t-elle poursuivi. L'immunité parlementaire destinée à protéger les élus "ne doit pas être détournée à d'autres fins et servir à agresser d'autres personnes, à mentir, là aussi, dans l'impunité, à porter atteinte à la dignité des gens".

L’ancienne ministre qui est revenue à l'université où elle encadre des doctorats dit éprouver le "plaisir d'être redevenue une citoyenne "normale" après le tumulte du poste ministériel". Elle "rêve de faire de nouveau un film".

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