03/11/2015 06h:32 CET | Actualisé 03/11/2015 06h:32 CET

CFC News: La semaine économique et financière au lundi 02 novembre 2015

FINANCE – Croissance et inflation, introduction en bourse, amende record: Tour d’horizon de l’actualité économique et financière s’achevant ce lundi 2 novembre 2015 en Afrique.

Maroc : Les prévisions de croissance du FMI pour 2016 à la baisse mais encourageantes

Les estimations du récent rapport du Fonds Monétaire International (FMI) sur les perspectives économiques régionales pour le Moyen-Orient, l’Afrique et l'Asie centrale prévoient un ralentissement de la croissance économique marocaine, passant de 4,9% en 2015 à 3,7% en 2016, ainsi qu’un accroissement de l’inflation, passant de 1,5% en 2015 à 2% en 2016.

Le projet de loi de finances du gouvernement chérifien pour l’exercice 2016 comporte des chiffres similaires puisque les prévisions pour le taux de croissance et le taux d’inflation sont respectivement de 3% et 1,7% pour l’année 2016.

Bien que ces estimations revoient à la baisse les prévisions de croissance du début d’année, le Maroc reste l’une des économies les plus dynamiques de la région Moyen Orient Afrique du Nord et fait partie des pays importateurs de pétrole qui "profitent de la baisse des prix du pétrole, des progrès accomplis dans la mise en œuvre des réformes, de la progression des transitions politiques et de l'accélération de la croissance dans la zone euro", expliquent les économistes du FMI. Le rapport ajoute que cette effort de réforme doit continuer afin d’assainir les finances publiques et de favoriser les investissements.

En conclusion, selon le FMI, les conflits constituent le frein majeur des pays de la région MENA et Asie Centrale (Afghanistan et Pakistan) qui devraient malgré tout enregistrer une accélération de la croissance pour atteindre environ 4% en 2015 et 2016.

Bolloré prépare l’introduction en bourse de sa ligne ferroviaire ouest-africaine « BlueLine »

Selon des informations recueillies par Reuters, Bolloré a fait appel à « au moins quatre banques » en vue d’introduire son projet de boucle ferroviaire en Bourse à Paris. Le projet dénommé « BlueLine » devrait parcourir 2700km en reliant cinq pays d’Afrique de l’Ouest (Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Niger, Bénin, Togo).

Les quatre banques en question sont Goldman Sachs, BNP Paribas, Société Générale et le Crédit Agricole auront pour tâche d’étudier la mise en place d’une telle opération qui vise à lever entre 300 à 500 millions d’euros de capitaux nécessaires au projet qui nécessite entre 2 et 2,5 milliards d’euros. En cas d’avis favorable, l’opération devrait se faire sur la place boursière de Paris dans le courant du 1er semestre 2016.

"Nous avons toujours dit que nous étudierions toutes les possibilités pour trouver le bon financement. Jusqu’à maintenant, nous avons toujours avancé sur nos fonds propres." a déclaré Eric Melet, le président de Bolloré Africa Railways."Dans tous les cas, nous voulons garder le contrôle et nous apporterons une part significative du financement, comme le groupe l’a toujours fait." a-t-il ajouté.

Le groupe français prévoit la rénovation et le prolongement des tronçons entre le Niger et le Burkina Faso et entre le Niger et le Bénin via ses deux filiales Sitarail et Benirail.

La BlueLine devrait permettre de relier les ports d’Abidjan, de Cotonou et de Lomé où Bolloré gère des terminaux à conteneurs.

Les travaux ont débuté en 2014 et la boucle ferroviaire devrait être opérationnelle en 2022.

MTN Nigeria : L’amende de 5,2 milliards de dollars à sa filiale nigériane tourmente l’opérateur téléphonique MTN

MTN a annoncé le 26 octobre dernier 5,2 milliards de dollars d’amende pour sa filiale au Nigéria. En conséquence, dans la journée du lundi 2 novembre, le Johannesburg Stock Exchange (JSE) a suspendu temporairement les deals sur les parts de l’opérateur de réseau mobile MTN a déclaré un porte-parole de la compagnie sud-africaine. L’opération visait à alléger la pression sur le titre de MTN et l’activité a repris après une déclaration de MTN adressée à ses actionnaires incitant à la modération.

Premier opérateur de téléphonie mobile en Afrique, MTN a vu son titre chuté de -2% sur le JSE au lendemain de cette annonce. A la fin de la semaine, Reuters rapportait que le cours de la multinationale avait chuté de -17%.

Le Nigéria constitue le plus important marché de MTN avec 62 millions d’abonnés soit 43% de parts de marché.

L’amende fait suite à un retard de suspension des abonnements des clients non-enregistrés. La Commission Nationale des Communications (NCC) nigériane a annoncé que MTN Nigeria serait sanctionné à hauteur de 1000$ pour chaque abonné qui aurait dû être déconnecté à la fin du mois du mois d’août dernier. Environ 5,1 millions d’abonnés étaient concernés et l’amende de 5,2 milliards de dollars qui en résulte représente près de trois fois les 1,8 milliards de dollars d’investissements de MTN dans le pays et 150% des bénéfices annuels du groupe.

La NCC a déjà montré qu’elle pouvait faire preuve de sévérité en sanctionnant les quatre opérateurs téléphonique majeurs du pays (MTN, Globacom, Airtel, Etisalat) pour un manque de qualité de service en 2012 notamment. Cette fois-ci la question de l’enregistrement des abonnés est considérée par la NCC comme une question de sécurité nationale car les cartes-SIM non-enregistrées peuvent être utilisées à des fins criminelles (terrorisme, kidnapping) ce qui peut expliquer l’ampleur de l’amende.

Le JSE a également laissé entendre qu’une enquête allait être menée sur l’annonce de l’amende par la MTN que certains analystes ont qualifiée de tardive.