ALGÉRIE
03/11/2015 02h:36 CET | Actualisé 03/11/2015 05h:41 CET

Crash au Sinaï: pas de signe d'un acte terroriste pour le renseignement américain, Al-Sissi fustige la propagande de l'EI

In this photo made available Monday, Nov. 2, 2015, and provided by Russian Emergency Situations Ministry, Egyptian Military on cars approach a plane's tail at the wreckage of a passenger jet bound for St. Petersburg in Russia that crashed in Hassana, Egypt, on Sunday, Nov. 1, 2015. The Russian cargo plane on Monday brought the first bodies of Russian victims killed in a plane crash in Egypt home to St. Petersburg, a city awash in grief for its missing residents. (Maxim Grigoriev/Russian Ministry
ASSOCIATED PRESS
In this photo made available Monday, Nov. 2, 2015, and provided by Russian Emergency Situations Ministry, Egyptian Military on cars approach a plane's tail at the wreckage of a passenger jet bound for St. Petersburg in Russia that crashed in Hassana, Egypt, on Sunday, Nov. 1, 2015. The Russian cargo plane on Monday brought the first bodies of Russian victims killed in a plane crash in Egypt home to St. Petersburg, a city awash in grief for its missing residents. (Maxim Grigoriev/Russian Ministry

Le chef du renseignement américain James Clapper a indiqué lundi à Washington qu'il n'y avait "pas de signe pour l'instant" qu'un acte terroriste était à l'origine du crash d'un avion russe dans le Sinaï. De son côté, Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a fustigé mardi dans un entretien sur la BBC la "propagande" du groupe Etat islamique.

Le directeur national du renseignement (DNI) James Clapper a estimé également "improbable" que le groupe Etat islamique ait les moyens d'abattre un avion commercial en vol, ajoutant toutefois qu'il ne pouvait pas pour autant "l'exclure" complètement.

L'Airbus A321-200 de la compagnie charter russe Metrojet s'est écrasé samedi à l'aube dans le Sinaï, après avoir décollé de la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh à destination de Saint-Pétersbourg.

"L'EI a revendiqué" ce crash a poursuivi M. Clapper, en référence aux affirmations de la branche égyptienne du groupe jihadiste Etat islamique qui a indiqué avoir agi en représailles à l'intervention russe en Syrie. "Mais nous ne savons vraiment pas" si les jihadistes ultra-radicaux sont impliqués, a-t-il poursuivi.

"Une fois que les boîtes noires seront analysées (...) peut-être pourrons-nous en savoir plus", a encore expliqué le responsable américain.

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D'autres responsables américains ont également souligné qu'il était impossible pour l'instant d'établir un lien avec un acte terroriste.

"Nous n'avons rien en renseignement pour le moment pour corroborer une connexion avec le terrorisme", a déclaré Nicholas Rasmussen, le directeur du Centre national antiterroriste américain (NCTC). "Nous n'avons vu aucun rapport qui soutienne" la revendication de l'EI, a déclaré la porte-parole du département d'Etat Elizabeth Trudeau.

"Propagande"

Un responsable américain de la défense a également fait part de son "scepticisme" sur l'hypothèse d'un missile tiré par le groupe Etat islamique.

A priori, celui-ci ne dispose pas de missiles sol-air capable d'intercepter un avion à cette altitude, ces missiles restant l'apanage d'Etats, a-t-il expliqué.

A ce sujet, M. Sissi a averti qu'il "y a cette propagande selon laquelle (l'avion) s'est écrasé à cause de Daech (acronyme en arabe de l'EI, ndlr), c'est une manière de nuire à la stabilité et la sécurité de l'Egypte ainsi qu'à son image".

"L'avion était à 35'000 pieds (10'668 m), croyez-moi, la situation dans le Sinaï, en particulier dans cette zone limitée, est totalement sous notre contrôle", a-t-il ajouté.

Il a aussi prévenu que l'enquête serait longue pour déterminer les causes du crash qui a coûté la vie à 224 personnes, surtout des touristes russes.

"Cela prendra du temps pour clarifier cet incident, voyez le vol de la Pan American qui s'est écrasé en Europe (à Lockerbie en 1988), cela a pris des années avant de trouver la vérité. Nous ne pouvons pas simplement tirer des conclusions hâtives", a déclaré M. al-Sissi selon la traduction de la BBC.

La catastrophe aérienne, la pire jamais connue par la Russie, a fait 224 morts, dont 217 passagers et sept membres d'équipage.

L'avion était "en excellent état technique" et seule une "action extérieure" peut expliquer qu'il se soit écrasé, a de son côté affirmé un dirigeant de Metrojet lundi, excluant également une erreur humaine.

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