ALGÉRIE
31/10/2015 14h:44 CET | Actualisé 29/10/2016 00h:10 CET

Au cimetière chrétien d'El Madania, l'adieu à Claudine Chaulet (VIDÉO)

claudine chaulet

Veille de novembre, ciel bleu, soleil superbe, lumière éclatante, des amis, beaucoup d’amis, d'anciens étudiants, d'anciens combattants, des officiels bien entendu et, surtout, de nombreux citoyens étaient ce samedi présents à l'enterrement de Claudine Chaulet, sociologue, auteure et combattante de la liberté au cimetière chrétien d'El Madania, à Alger.
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Il y avait un coté officiel dans la prise en charge de l'enterrement qui exprimait la reconnaissance officielle de l'Etat Algérien à l'action de la moudjahida Claudine Chaulet, la "vaillante". Avec un discours convenu du représentant du ministère des moudjahidines gâché par une erreur dans l'énoncé du prénom de la défunte à qui il donnait du Claude au lieu de Claudine.

Ultime lapsus officiel très largement ignoré par les présents. Tout au plus un sourire agacé chez quelques-uns. Ceux qui étaient-là ne s’arrêtaient pas à ce détail – fâcheux tout de même-, ils étaient venus pour rendre hommage à une combattante, à celle qui a contribué à "nous sortir du statut d'indigénat" ou, comme le soulignait une universitaire, "à celle qui nous a tant donné".

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Reda Malek, ancien chef du gouvernement, a rétabli le prénom de Claudine. Il a donné les repères essentiels du parcours de la combattante durant la guerre de libération et postindépendance. Il a souligné la cohérence de cette fille de résistants au nazisme qui s'est engagée résolument dans la lutte contre le colonialisme.

Quelques youyous fusaient. Il y avait chez les présents un respect admiratif pour une dame au parcours exceptionnel. Ceux qui l’ont connu, échangeaient des souvenirs, souvent des récits amusants, sur celle qui part.

Il y avait pour cet ultime adieu en une journée d'une beauté à couper le souffle, un air léger, gai même. Comme si Claudine Chaulet avait convoqué les astres et la météo pour ne pas se faire pesante, pour que la séparation ne soit pas lourde à vivre. Pour partir dans la bonne humeur.

Min Jibalina

Dans ce cimetière paisible penché sur la mer, les vers de Valéry viennent, spontanément : "Ce toit tranquille, où marchent des colombes… Entre les pins palpite, entre les tombes ; Midi le juste y compose de feux, La mer, la mer, toujours recommencée...".

Partir à la veille de novembre, revenir à la terre par une belle journée avec la mer en contrebas, être l'occasion de nombreuses retrouvailles, voilà un autre don que faisait cette combattante du bonheur. Et de l'honneur.

Luc Chaulet, dans une courte intervention, a remercié les présents d'être aussi nombreux en ces lieux qui "peuvent paraître inhabituels". Il a fait état des très nombreux messages de sympathie qu'il a reçu de la part de compatriotes, avec cette manière bien algérienne de consoler.

"Quelqu'un m'a envoyé un message pour me dire : aujourd'hui la lumière de Claudine nous inonde. Profitons de la lumière et de cette Algérie qui peut être si belle quand elle est fraternelle...".

Sentiment très partagé. Encore plus par ceux qui l'ont côtoyé, ont milité avec elle, travaillé à ses côtés ou étudié auprès d’elle. Pour ceux-là, Claudine a illuminé aussi leurs vies. Et ils étaient là, parmi les nombreuses personnes qui ont chanté, devant sa tombe, et celle de Pierre, "Min Jibalina". Comme un clin d'oeil...

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