MAROC
29/10/2015 15h:10 CET | Actualisé 30/10/2015 06h:57 CET

Mohammed VI à New Delhi: Son discours en trois points

DIPLOMATIE - En déplacement depuis dimanche à New Delhi, Mohammed VI s’est exprimé, jeudi 29 octobre dans la capitale indienne, lors du troisième sommet du Forum Inde-Afrique. Sahara, partenariats renforcés, coopération sud-sud… Ce qu’il faut retenir du discours royal.

Le modèle indien

Après avoir évoqué ses deux précédentes visites en Inde, la première en 1983 à la tête de la délégation du Maroc à la conférence des non-alignés, et la deuxième en 2001 en tant que tout jeune roi, Mohammed VI a tenu à rappeler la place de choix occupée par l’Inde actuelle dans l’économie mondiale.

Le pays qui figure aux côtés du Brésil, de la Russie, de la Chine et de l’Afrique du Sud dans le "club" des puissances émergentes, a mis au point "un modèle de développement pionnier", indique le roi. Une position qui légitime, selon Mohammed VI, la volonté de l’Inde de s’imposer au sein des instances de l’ONU, notamment en matière de politique étrangère.

L’Inde "se distingue en l'occurrence par la pondération, la responsabilité et le respect de la légalité internationale et de l'intégrité territoriale des Etats, ainsi que la défense des intérêts et des justes causes des pays en développement", indique le roi, qui rappelle à ce sujet "l’affaire du Sahara marocain": l’Inde avait reconnu, en 1985, la "République autoproclamée du Polisario", avant de faire marche arrière en 2000.

"Nous exprimons notre considération pour la position constructive de la République de l'Inde" concernant cette affaire "et pour son soutien au processus onusien dédié au règlement de ce conflit artificiel", ajoute le souverain.

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Un partenariat sud-sud élargi

Le Forum Inde-Afrique était aussi l’occasion, pour le Maroc, de rappeler son ambition stratégique sur le continent africain et, plus largement, d’évoquer le renforcement de la coopération sud-sud, pour que celle-ci "s'affranchisse de l'héritage du passé, et qu'elle soit dédiée au service des intérêts stratégiques de nos pays", explique le roi qui a multiplié ces dernières années les visites officielles sur le continent africain.

"De fait, il est impossible de compter sur les formes traditionnelles de coopération, qui sont désormais incapables de répondre aux besoins croissants de nos peuples", ajoute-t-il, rappelant la multiplication des partenariats entre le Maroc et les Etats africains, qu’ils soient économiques, sociaux ou religieux.

"Aujourd'hui, l'Afrique mérite des partenariats de coopération équitables, plus qu'elle n'a besoin de relations déséquilibrées assorties d'un soutien conditionnel", poursuit-il, faisant allusion aux traditionnels partenariats nord-sud.

"Nous avons déjà demandé à l'Afrique de faire confiance à l'Afrique. Aujourd'hui, de cette tribune, nous invitons les pays du Sud à témoigner leur confiance aux pays du Sud et à investir leurs richesses et leurs potentialités pour servir le progrès partagé de leurs peuples, en vue de rattraper les pays émergents", conclut le roi.

Après les phosphates…

Dernier point-clé du discours, les partenariats directs entre le Maroc et l’Inde, marqués depuis une quinzaine d’années par les échanges réciproques dans le domaine des phosphates.

Après l’établissement d’une entreprise indienne en 1999 à Jorf Lasfar en partenariat avec l’Office chérifien des phosphates (OCP), c’est à l’OCP de faire l’acquisition, trois ans plus tard, d’une majorité des parts de l’entreprise indienne Paradeep Phosphates.

A l’image de ce partenariat, le roi veut "élargir" la coopération entre les deux pays, "notamment dans les domaines de l'agriculture, de l'industrie pharmaceutique, de la recherche scientifique et technologique et de la formation des cadres". Une coopération que Mohammed VI souhaite également "mettre au service des peuples africains".

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