ALGÉRIE
29/10/2015 05h:43 CET | Actualisé 29/10/2015 13h:28 CET

Syrie : Lamamra appelle les Occidentaux à ne pas faire les mêmes erreurs qu'en Libye

capture d'écran

Dans un entretien au journal Le Monde, le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, a invité les puissances occidentales à ne pas refaire en Syrie les erreurs commises en Libye, en 2011. Il a également appelé les Libyens à un sursaut patriotique et à accepter la mise en oeuvre du plan de l'Onu.

Pour Ramtane Lamamra, le besoin de réformes dans les sociétés arabes est une donnée acceptée et il doit épouser les caractéristiques locales. Mais, a-t-il ajouté, il y a un problème quand ces aspirations à la réforme sont instrumentalisées "par des forces politiques ayant un agenda particulier, comme la mouvance salafiste" et "lorsqu’elles sont mises à profit par des intérêts étrangers".

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La manière dont la "communauté internationale" a géré la situation en Libye dont le régime a été "abattu" a contrecarré l'action de ceux qui s'employaient "à promouvoir une transition inclusive et pacifique", a-t-il souligné.

Le ministre algérien semble utiliser le terme de "communauté internationale" pour éviter de dire les pays occidentaux dont la France et la Grande Bretagne ont été en pointe dans l'intervention militaire en Libye. La Russie et la Chine avaient d'ailleurs dénoncé un détournement des résolutions du Conseil de sécurité par les occidentaux sur le dossier.

Et c'est bien aux Occidentaux que M.Lamamra s'adresse en leur demandant de ne pas refaire en Syrie les erreurs aux effets catastrophiques commises en Libye. " Cela devrait inspirer la réflexion des uns et des autres au moment où il y a beaucoup de discussions sur la tragédie syrienne. Nous devons éviter de refaire les erreurs du passé."

A la question de savoir s'il soutient l'initiative du président Vladmir Poutine sur le dossier syrien, Lamamra souligne que l'Algérie soutient une "transition inclusive" et une solution politique issue d’un dialogue entre Syriens. "Beaucoup de leaders dans le monde se disent aujourd’hui favorables à une solution pacifique en Syrie et nous nous en réjouissons" a-t-il ajouté.

A la question de savoir si M.Poutine est celui qui a le "plus de cartes en main pour pousser cette solution ?", Lamamra a répondu laconiquement : "cela semble être le cas."

Appel au patriotisme des libyens

M.Lamamra a réaffirmé son soutien au plan de sortie de crise en Libye qui "n’est sans doute pas parfait" mais qui est une "manière de mettre les Libyens ensemble". Il revient aux libyens de "trouver une solution permettant de faire franchir à leur pays ce cap difficile".

L'Algérie, a-t-il, rappelé a signé avec une dizaine d’autres parties – pays arabes, européens, Etats-Unis, UE – un communiqué appelant les Libyens à accepter ce projet d’accord.

"Derrière cet appel, il y a pour tous la claire perception du danger qui réside dans l’absence d’accord" a ajouté Lamamra en appelant les libyens à dépasser les " égoïsmes, les incertitudes, les frustrations" pour laisser la " place à un sentiment plus fort : le patriotisme".

"Sauver la Libye, voilà la boussole qui doit guider les uns et les autres. Je ne veux faire la leçon à personne mais l’heure est grave. Et les Libyens ont cette possibilité de se retrouver pour construire l’avenir."

L'Algérie, a-t-il dit, ne minimise pas les demandes de tel ou tel groupe libyen mais dit "simplement que toutes les demandes, si légitimes soient-elles, ne peuvent pas être satisfaites dans une période de tensions, d’absence de l’Etat, où le terrorisme et le crime organisé en profitent pour s’enraciner, aux dépens de la stabilité de la Libye, de son voisinage et de la communauté internationale".

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"Même si le mandat de M. Léon devait se terminer sans qu’il y ait un accord définitif, nous souhaitons qu’il n’y ait pas de vide, que l’effort puisse être poursuivi et intensifié, peut-être sous une autre forme mais toujours avec les Nations unies au centre" a-t-il poursuivi.

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